- Tu as vraiment une sale gueule, Solal...
- Merci, c'est agréable, je débarque à peine, pas le temps de faire mes premières photocopies que tu balances du salé. Tu
sais, des collègues comme toi...
- Non, tu m'as mal comprise. Je veux dire que tu n'as pas l'air d'aller bien.
- Non, je ne vais pas bien, effet, c'est le moins qu'on puisse dire, je vais même très mal, voilà.
- Tu vois que je suis gentille avec toi, je me sens concernée par ce qui t'arrive, ou ce qui ne t'arrive
pas.
- Oui, enfin, d'un autre côté, tu refuses systématiquement d'aller boire un verre avec moi.
- C'est parce que tu es un chacal, mon beau Solal, et puis nous ne sommes pas toutes sensibles à ta brutale virilité
comme cette chère Irène. Enfin bref, je voulais te dire, par rapport à ton état de santé, disons, précaire, eh bien tu sais, tu devrais vraiment aller voir le docteur N., il paraît qu'il fait des
miracles.
- Littéralement ?
- Littéralement.
- J'en suis à ce point là ?
- Non, c'est sans doute bien plus grave que ça, mais bon, je ne vois personne d'autre pour t'aider.
- ...
- ...
- ... Brutale virilité, hein ?
- Oui, mon beau chacal, brutale virilité, c'est particulièrement pathétique.
Par Solal Aronowicz
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Publié dans : journal d'un con
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