Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 11:29

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Dernière variation sur ce thème cher à Solal.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : Le Chemin des orties
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 11:27

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Un monde inverse sous la surface.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 11:01

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Un autre train passe, mais au fond, derrière, tout reste fixe.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : Le Chemin des orties
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 10:03

En attendant de poser un diagnostic plus pointu, on me conduit avec une sollicitude inhabituelle vers un transat de tek où l'on m'allonge avec des égards que je n'ai pas connus depuis longtemps, genre VIP et tout le tremblement, et on me sert un double expresso très, très corsé, allongé de quelques doigts de whisky.

Après quelques remarques sans véritable portée médicale, assez rapidement, mes deux médecins se désintéressent discrètement de moi pour se lancer dans une conversation qui visiblement leur tient plus à coeur : le tennis et l'irrésistible ascension de Novak Djokovic. Ils doivent sans doute avoir un congrès en perspective et ils prennent ça très au sérieux. Je les laisse disparaître dans la foule en parlant posters et autres présentations.

Autour de moi, on reste en général circonspect, on me fait santé à distance, on me lance des petits coucous prudents, quelqu'un me glisse une soupe miso, excellente, dans un joli petit plateau laqué. Il faut reconnaître que mon crâne grand ouvert au-dessus de mes sourcils, mon visage et mon costume trempés d'un sang qui commence à noircir et ce cerveau flottant inspirent une certaine retenue. Même pour ceux d'entre nous qui ont roulé leur bosse ou qui ont l'habitude de sortir là où tout le monde ne va pas, en marge, je dois offrir un tableau peu conventionnel, surtout en début de matinée.

Hank est retourné à sa conquête du jour. Toujours séduite, elle boit ses paroles, le regard déjà chavirant. A l'arrière-plan, au bord de la piscine, j'aperçois deux silhouettes bien connues. James, visage net et dur, vodka martini à la main, porte deux doigts à sa tempe et me salue d'un clin d'oeil. Kal, en grand tenue rouge et bleue, immense, formidable de puissance contenue, domine la foule de toute sa hauteur et de toute sa sérénité triste. Il boit de l'eau gazeuse avec une rondelle de citron. Avec un sourire calme, il lève son bras de demi-dieu dans ma direction, pouce dressé vers le haut.

Tout le monde est là, Tania ne saurait tarder, l'horizon est dégagé et tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Alors que je me concentre sur ma respiration pour essayer de régler cette histoire de cerveau, une geisha s'agenouille silencieusement à mes côtés et me présente un nécessaire à tabac en laque rouge. 

- Excuse-moi, je crois que ce petit garçon aimerait te voir mon vieux.

Dominique, avec son sourire de loup, écartant la geisha d'un geste habitué à commander aux domestiques, et ce, quelque soit leur appartenance ethnique, conduit vers moi Alexandre, mon fils, mon enfant unique pour encore ces quelques mois qui précèdent la naissance de nos jumeaux, à ma fabuleuse Tania et moi, Solal Aronowicz, le père, le juif, le joueur, le bagarreur, l'éternel saignant.

Mon garçon me regarde, étonné, mais sans paraître effrayé par le spectacle que j'offre en ce moment. Il tient un transformers à la main, Optimus Prime visiblement, le plus difficile à changer en véhicule et me le tend, confiant.

- Tu peux me le faire en camion, papa ?

Rester con, c'est égarer des modes d'emploi cruciaux.

 

Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Le Chemin des orties
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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 10:59

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Gondoles devant le Danieli.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 08:44

Alors que mon cerveau s'élève encore un peu plus haut au-dessus de mon crâne ouvert en émettant une puissante lumière flamboyante, dans un geste direct et précis, le poignet souple, à une vitesse fulgurante, tel le mamba noir, je plante mon cigare au niveau du sixième chakra de mon ennemi, au milieu du front, là où se trouve Ajna, le troisième oeil... Un coup qui ne pardonne pas, jamais.

D'une torsion à la fois brève et franche, malgré ses yeux écarquillés de surprise et de douleur, malgré ses petites mains ridicules qui se tendent dans un inutile geste de supplique, je visse ma vitole dans son os frontal qui cède aussitôt dans un craquement doux à mes oreilles. Son front se désagrège, se désintègre en milliers de particules noirâtres qui montent vers le ciel pour se fondre dans le bleu du matin.

Le corps du séide de Pénélope, désormais sans tête, après quelques mouvements réflexes désordonnés s'affaisse, tout raide sur le ring. Le gyogi dans une fantastique et sonore mélopée annonce ma victoire et, de son bras tendu, il me désigne de son éventail richement décoré. Modestement, je m'incline devant la dépouille tronquée de mon ennemi qui pourrit à vue d'oeil. Sans lui, jamais je ne serais arrivé à ce degré de connaissance, je dois au moins ça à cette sale petite merde. Nos adversaires sont les marches qui permettent de nous hisser vers plus de force et plus de maîtrise, et plus de temps libre pour boire et fumer après. Je m'incline donc brièvement sur le cadavre, puis, avec le respect qui lui est dû, j'urine sur son torse étroit.

Derrière moi, je n'ai pas besoin de la regarder, telle est désormais la force de mon troisième oeil, derrière moi, je sens, puis j'entends celle qui me traque comme une chienne depuis les brouillards du Rhône, ma vieille ennemie Pénélope, je la sens annulée, anéantie, à partir de ce jour, de ce moment, inexistante pour définitivement.

J'entends son long cri rauque rempli de désespoir et de haine inassouvie. Je la sens se ratatiner sur elle-même, puis grandir pour éclater, exploser à son tour dans un dernier rayonnement de lumière noire. Je la sens disparaître, avalée par les mondes derrière notre monde, engloutie par d'autres dimensions, connues de peu d'entre nous, noires et maudites. Elle rejoint en hurlant de peur Cthulhu, Nyarlathotep et leurs sbires dans le vide glacial au-delà de la courbe de notre espace, seule, complètement seule.

Et soudain, l'univers semble plus pur, plus lumineux, comme libéré d'un poids immense qui nuisait aux mouvement régulier des sphères, comme débarrassé de scories très anciennes. Sur la terrasse, illuminée par cette lueur nouvelle et fraîche, tout le monde se regarde, comme étonné de respirer plus facilement, la poitrine aussitôt légère, on se sourit, on se ressert un verre, puis deux, certains se dévouent avec plaisir pour préparer le café.

Dans un élan spontané, Hank monte le ring et lève mon bras, cigare tendu vers le ciel, volutes victorieuses montantes, en signe de triomphe et mes spectateurs me gratifient d'une ola digne du championnat japonais, le Nihon pro soccer league (...), tandis que mes deux médecins attitrés, Dr. N et Dr. D, examinent mes blessures avec l'air à la fois concerné et détaché qui les caractérise.

- Ouais, bon pour la nuque, ça devrait aller, quelques points de suture, un peu de physio et tu es bon, mais la tête, là... je vois pas trop...

Dr. N a une moue perplexe et jette un oeil dubitatif à son collègue, le Dr. D.

- En ce qui me concerne, je ne vois pas de raison d'opérer. Si le coup a bel et bien ouvert la bregmatique, le cerveau, eh bien, le cerveau, est sorti de lui-même. Comme je me vois mal le repousser à l'intérieur du crâne, je suppose que le mieux est d'attendre, et de boire un coup en attendant. Voilà, clope, merci.

Rester con, c'est choisir des médecins ayant une connaissance vague, voire relative du serment d'Hippocrate.


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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 10:56

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Trois puissants luminaires fixes, des perspectives bien définies.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : Le Chemin des orties
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 09:52

Tout le monde se tait, personne ne parle, pas un mot, pas un bruit, si ce n'est le son d'une douce brise matinale qui nous vient de l'océan pacifique et radioactif. Même la petite merde qui m'a abattu ne vocifère plus. On ne me lance plus rien, sauf, soudain, comme par réflexe moteur, un dernier maki saumon grillé graines de sésame, j'adore, qui vole puis tombe assez misérablement dans la piscine avec un tout petit "plouf" à la fois triste et rigolo.

Hank finit même par se tourner et tire une bouffée circonspecte devant ce spectacle étonnant, mais au fond assez facilement explicable. C'est, en gros, sans rentrer dans les détails, une question d'alignement et d'ouverture des chakra. Il suffit d'être prêt, je l'étais visiblement depuis longtemps, il ne me manquait que le coup d'un ennemi sincère et dévoué pour me révéler enfin à moi-même.

Puisqu'on ne me frappe plus et qu'on ne me jette plus rien, j'en profite pour respirer un bon coup et reprendre mes esprits, ce qui est une jolie façon de parler étant donné que mon cerveau est à l'extérieur de ma tête. Puis, comme si j'étais tiré vers le haut par les nerfs spinaux qui relient encore mon cerveau à ma colonne vertébrale, je me redresse lentement et je toise avec une hauteur retrouvée tous ceux qui m'entourent, et me regardent avec dégoût, voire un certain étonnement.

On continue à se taire, on continue à ne plus bouger, exceptés pour ceux qui décident finalement de s'évanouir, par commodité ou manque de sens de la répartie, et de s'écrouler sur place mollement, dans un bac à bonsaï ou tendrement appuyé contre un bagel encore chaud. Tout ceux-là ne sauront pas et c'est tant pis pour eux. Le chemin qui mène à la vérité, à la victoire et à l'extériorisation de ses organes ne tolère pas les tièdes ni les mous du bide.

J'éponge le sang qui cache mon visage avec ma pochette de soie, une Etro particulièrement chère à mon coeur, un cadeau de Tania, ma belle adorée, mon amoureuse porteuse de bébé à moi, et je pivote lentement vers mon ennemi. Ce dernier, s'il n'a pas été mentionné depuis quelques lignes, c'est parce qu'il n'en mène pas large. On peut même dire qu'il ne fait plus trop son malin, la sale petite merde en costume trop grand. Ses mains crispées, tremblantes lèvent son porte-documents comme un ridicule rempart entre lui et moi, alors que son regard, toujours torve, même dans la peur, il n'y a visiblement rien à faire contre ça, c'est dans sa nature intime, c'est en lui, fondamentalement, se tourne vers sa mère, vers la chose immonde et visqueuse dont il est issu, Pénélope, la chienne maudite, et ses consoeurs dans la haine, la médiocrité et la tristesse.

L'ignoble agrégat, s'il flotte toujours au-dessus de la piscine, à présent colorée d'un joli nuage de sang qui s'étend de plus en plus, semble maintenant plus petit, moins puissant. La vibration sourde, chargée de ressentiment qui en jaillissait n'est plus désormais qu'un murmure, un filet, certes, toujours chargé de hurlements de colère, même s'il faut à présent tendre l'oreille pour les entendre.

Tandis que mon cerveau s'élève encore un peu au-dessus de mon crâne ouvert comme une fleur à la belle saison, je profite du moment de répit que m'offre la silencieuse stupéfaction de tous pour tirer un cigare (siglo 1, cohiba)de l'étui que je garde en permanence dans la poche intérieure de mon veston et, du bout des doigts, pour ne pas tacher de sang ce bel objet, car l'humidité nuit à une bonne combustion, je l'allume dans le craquement d'une très belle allumette longue comme il se doit (ai-je déjà précisé que j'emmerde sincèrement les écologistes, comme il se doit aussi?). 

Une étincelle, puis une flamme particulièrement lumineuses jaillissent, éclairant mon visage marqué par une vie étrange et chaotique, une odeur magnifique de bois chaud se répand autour de moi dans une vague ronde,tendre et m'apporte un intense sentiment de paix et de joie.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Les chroniques de la meute
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 10:53

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Au petit matin, d'anciennes déités veillent sur eux de leur oeil unique.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 10:10

Le gyoji vient à peine de baisser son éventail que, dans un hurlement viscéral, je me précipite de toute la puissance de mes cuisses, le torse parallèle au sol, sommet du crâne en avant, pour provoquer un impact le plus violent possible. A mon grand étonnement, d'un mouvement du bassin presque gracieux, la petite merde au costume de VRP (vendeur, représentant, placier, ... eh oui, c'est donc ça, cette abréviation) esquive ma charge tout en m'assenant un coup brutal et précis sur la nuque avec la tranche de son porte-documents. Un beau geste, ma foi, qui, alors que je continue sur ma lancée, m'inspire une double remarque : soit c'est une technique habituelle chez lui, soit cette méthode, simple, mais efficace, il me faut hélas bien le reconnaître, a été minutieusement planifiée avec son coach avant la rencontre. Quoi qu'il en soit, la douleur qui explose au niveau de ma deuxième vertèbre cervicale (C2, dite l'axis, pas un endroit idéal pour se prendre un sérieux coup de mallette, vraiment pas...) m'informe que l'arme de main de mon adversaire est renforcée de métal tranchant. Bien joué, donc. Un point pour lui, aucun pour moi.

A moitié assommé, je plonge en avant, à la fois emporté par mon élan et par la force du coup qui m'a été porté, et je m'écroule entre les deux dernières cordes du ring, suspendu par la gorge, étranglé comme un goret, les bras ballants. En face de mon visage hagard la foule vocifère, du sang coule de ma nuque, derrière moi, je sens mon ennemi s'approcher d'un pas vainqueur et mécanique, le porte-documents prêt à frapper. Du coin de mon troisième oeil (l'adrénaline délivrée par le combat l'a ouvert en partie, il était temps), je le devine qui ricane avec une suffisance des plus exaspérantes. Brandissant sa mallette tout droit au-dessus de sa tête au cheveu rare, il me domine de toute sa (ridicule) hauteur, l'oeil écarquillé, la lippe baveuse et tremblante d'excitation, il s'apprête à me porter le coup de grâce, tandis qu'au premier rang des spectateurs, l'hystérie, sous le choc de la déception, peut-être, monte de plusieurs crans...

On me jette des rafales de sushi pourtant roulés de main de maître, de superbes maki, des california rolls, bien sûr, et puis des clubs sandwich avocat-saumon, des verres pas vraiment vides, on m'insulte, évidemment, on fait référence à mes attributs sexuels, taille, dureté, etc., (pourtant invisibles en ce moment précis), à ma mère ou à mes origines ethniques et religieuses (comme quoi, les bonnes habitudes, non seulement ne se perdent pas, mais encore migrent sous d'autres cieux, même s'ils sont radioactifs) on me montre aussi, avec une rage qui fait plaisir à voir, des doigts, des seins, voire des culs mal torchés. Bref, tout un cinéma au fond assez réjouissant, bon enfant, mais manquant singulièrement d'élégance, dont, de toute façon, je ne profite pas vraiment, puisque je suis à la fois assommé, étranglé sous mon propre poids et énuqué : vaincu, déjà, sans avoir porté le moindre coup.

Quant à Hank, eh bien, quant à lui, ce salopard, lui dont le pronostic s'avère pour l'instant malheureusement exact, il ne regarde même pas. Il tourne tout simplement le dos au ring, m'offrant l'arrière de son t-shirt noir fripé et ne daigne pas jeter un regard sur le triste spectacle qu'offre son ami, le guerrier suisse, le poing vengeur et brutal du judaïsme, bref son sujet/objet d'écriture actuel. Non, il fume en compagnie d'une jeune femme dont mon troisième oeil me dit aussitôt qu'elle est charmante, séduite, amoureuse presque, ou du moins persuadée de l'être tout bientôt, et prête à s'offrir, entière nue et fraîche, au bel écrivain ténébreux qui s'enfonce ainsi un peu plus loin encore dans la souffrance et l'auto-destruction.

Dans un sifflement qui déchire l'espace au-dessus de ma tête telle une bombe fonçant sur Londres, mon ennemi abat son arme au sommet de mon crâne de toute la force dont il est capable. Ma peau éclate, mes os se fendent et se séparent dans un craquement biblique. Mon sang jaillit brièvement puis coule à flots épais sur ma figure, masquant mes traits, peignant entièrement mon visage de rouge ; le vainqueur de ce combat inepte et foireux, encore un de plus, hurle sa gloire et sa joie de m'avoir défait dans une longue vocifération rageuse adressée au ciel qui pèse sur nous tous. Alors, alors, mon cerveau, assez étrangement, par cette ouverture nouvelle accidentellement pratiquée au sommet de ma tête, en fait, pour être précis, il s'agit la fontanelle bregmatique, mon cerveau donc, émerge lentement de mon crâne, écartant les parois osseuses sur son passage, elles forment alors un V au-delà de mes sourcils, un V comme Valhalla ou vagin. C'est comme si ce coup ultime l'avait soudain mis au monde, mon cerveau, et il se met à flotter au-dessus de moi, pareil à une énorme fleur blanchâtre et visqueuse.

Cette étrange vision, un cerveau flottant au-dessus de la tête d'un type en sang (mais vraiment, vraiment très bien habillé, costume prince de galles sur mesure et tout et tout), allongé sur un ring, à, quoi, six heures du matin, sur la terrasse, avec piscine bien bleue, d'un immeuble de Tokyo, dans le quartier de Ginza, provoque, d'un seul coup, comme si le voile du temple s'était à nouveau déchiré, un silence énorme, immense, total, écrasant.

Rester con, c'est lorsque tout s'échappe entre nos mains, même nos organes (préférés).


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Les chroniques de la meute
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 10:47

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Sur le quai, un train passe trop vite devant cette fameuse lumière fixe.

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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 11:13

Le rejeton de l'ennemi, le dernier nervi, l'ultime spadassin, se débat spasmodiquement à l'intérieur d'une sorte d'immense placenta grisâtre et pustuleux, puis émerge enfin en titubant, couvert d'un liquide glaireux, tenant une serviette de travail en carton bouilli ornée d'un autocollant à la gloire d'un dieu difficile à définir (mais au fond, ne le sont-ils tous pas ?). Aussitôt, nous nous évaluons du regard en montant à pas prudents sur le ring de boxe qui vacille à quelques mètres au-dessus de la piscine, suspendu à une immense grue de chantier qui semble dominer toute la ville de ses montants métalliques. Alors qu'il brandit sa misérable petite mallette sous mes yeux, comme si elle recelait d'obscurs écrits susceptibles de me nuire, je souris en pensant au manque flagrant de panache dont sa venue au monde avait fait preuve, je souris encore plus en pensant au ventre rond, magnifique courbe hiératique, de mon épouse, présage d'une naissance ô combien plus fabuleuse, attendue, chérie.

Tandis que nous nous faisons face, pendant que le gyoji, son gunbai à la main, termine le rituel précédant l'assaut, d'entrée de jeu, tout est très vite clair, du moins pour moi. En effet, deux choses, pourtant contradictoires en apparence, me sautent tout de suite aux yeux. D'un côté, de toute évidence, le type ne fait pas, mais pas du tout le poids : soixante kilos tout mouillé, le cheveu gris et terne, le regard torve et vicieux, visiblement limité intellectuellement, le teint jaunâtre, un costume (trois boutons ! En 2011 !...) trop grand et de triste qualité qui le drape comme une sorte de toge mal coupée. Une figure qui vaut ne pas un crachat, même du bout des lèvres. D'un autre côté, je comprends par une sorte de vague intuition que cet affrontement pourrait être difficile, douloureux, que je vais prendre des coups, bas, pour la plupart et que cette sale petite face de rat a des tentacules qui plongent au plus profond de mondes souterrains peuplés de créatures retorses et libidineuses, des mondes auxquels ma grandeur d'âme et ma pureté fondamentale m'interdisent l'accès.

Brutalement, je balance une dernière poignée de sel de guérande à la face de cette sale petite merde et je me prépare pour le tachi-ai sous les hurlements de la foule déchaînée.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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