Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 10:43

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Quelle image pour mieux représenter l'union nouvelle de Solal et Tania ?

Leur amour est une évidence de toujours et ici et maintenant.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 22:38

- Bon, écoute mon vieux, là, je crois que tu ne peux plus, décemment s'entend, hein, tu ne peux plus faire attendre ton public. Vraiment, c'est une question d'image, aussi, tu dois t'en rendre compte. La plupart de ces gens sont venus pour toi, pour toi uniquement, tu le sais ça, hein ? Surtout ces jeunes filles en robes courtes qui sautillent comme des petits lapins. Tu ne peux pas les décevoir. Tu es bientôt plus populaire que Hakuhô, ce yokozuna mongol, tu vois ce que je veux dire ! C'est énorme ! Allez, hop, secoue-toi et passe-moi le reste de ton cigare, debout, cesse de faire ta chochotte.

- Ecoute, Hank, mon cher, ce n'est pas si facile, ok, ce n'est pas si facile. Il faut que je suive, tu sais, il faut que je me remette, il y a eu beaucoup d'événements: le réveil dans cette ancienne villa de Nara avec Tania, Kal-El et Bond, ce café extraordinaire, ce chat mystérieux, cette..., cette horreur visqueuse qui surgit d'on ne sait où alors que je croyais cette histoire enfin réglée, cette brutale chute intérieure et ses étranges visions, ces horribles fantasmes de mort, de suicide, ce combat à mort contre un type dans des toilettes loin d'être propres (ce qui a ravivé un souvenir particulièrement pénible, tu peux me croire), cette fuite du Valais en BMW d'occasion, ça ne me ressemble pas, tu peux me croire, et maintenant ça ! ça ! Et le matin en plus ! Je ne suis plus, voilà tout, je ne suis plus, et puis laisse mon cigare, Hank, laisse mon cigare, ce n'est pas un joint! Un peu de tenue, merde, un peu de décence, puisque tu sembles y tenir, diable ! Et puis, les jeunes filles, je m'en tape, robes courtes ou pas, lapins qui sautillent ou pas, merde, je te le dis franchement, je m'en tape ! Où est Tania?

- Ok, ok, pas de souci, j'essaie juste de te soutenir, d'être agréable, c'est tout, voilà. Tania est dans son temple, c'est l'heure de son culte. Depuis qu'elle est enceinte, le nombre de fidèles a doublé, elle a un succès incroyable, donc, donc, elle ne pourra pas, hélas, assister au combat.

Il se retourne pour laisser son regard protégé par ses éternelles lunettes de soleil glisser le long des toits de Ginza jusqu'à l'océan Pacifique, les mains fourrées dans les poches de son jeans noir.

- Et puis, j'ai aussi mes problèmes, figure-toi. Ce petit saut au Japon n'était vraiment pas au programme, tu peux me croire. Entre Karen, Becca et mon livre sur toi qui n'avance pas, j'ai de la peine à suivre, moi aussi, alors, s'il te plaît, si tu veux bien, je t'en prie, fais un effort, merci, ça ne sera pas ta première raclée, après tout.

- Ah ! Pas la première raclée ! Joli gage de confiance, merci.

Hank Moody s'affale comme une serpillère à côté de moi, apathique, désolé, et je suis bien forcé de reconnaître qu'il a plutôt mauvaise mine, c'est le moins qu'on puisse dire. Son visage ressemble à un torchon qui aurait passé la nuit à éponger des litres de scotch renversés au fond d'une cuisine ou dans la coin d'un immense salon. Puisque je ne lâche pas mon short, il s'allume une cigarette avec une évidente difficulté, mais pas sans une sorte de panache décalé.

Quant à moi, est-ce le goût légèrement fumé de ce délicieux petit nikka, ou la brutalité âcre de mon partagas, ou encore, à force, la méditation qui agit enfin ? Je ne sais pas, mais très clairement, une confiance et un calme nouveaux montent en moi. Gorgée après gorgée, bouffée après bouffée, respiration après respiration, je me sens de plus en plus fort et prêt à en découdre, enfin, définitivement.

Je me redresse sous les acclamations des spectateurs désormais nombreux. Ils scandent mon nom à la japonaise : "So-la-lou, So-la-lou". Parmi eux, je vois un bon nombre de types habillés à ma façon: costume Dunhill, voire Hackett, près du corps, souliers Corthay ou Santoni aux pieds, ce qui est déjà ça, voire Branchini, ce qui, en revanche, est une grossière erreur, à la limite de l'insulte même. De toute manière, ils sont si jeunes, leurs visages sont si frais, sans taches, sans balafres, sans histoires...

La masse de viande avariée émet soudain un hurlement primal en expulsant une forme peu définie par l'un des nombreux orifices, ce qui met brutalement fin aux acclamations de mon public et à mes cogitations. Je finis donc mon whisky d'une longue gorgée qui laisse une traînée chaude et dorée le long de mon oesophage, je tire une dernière bouffée de mon cigare que je pose délicatement, avec respect, devant un petit autel shintô laqué de rouge. Je claque dans mes mains deux fois pour attirer la bienveillance des dieux locaux et je pars au combat sous les ovations de la foule.

Rester con, c'est croire que tous les combats méritent d'être menés.

 

Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Le Chemin des orties
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 10:39

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Attendre un nouveau train, ensemble.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : Le Chemin des orties
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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 10:50

Mais par quel bout se prendre, le prendre ?

Je, il, où se situer, comment se positionner par rapport à moi, à lui, alors que le soleil, neuf, puissant, rougeoyant, et radioactif, c'est hélas désormais le cas, se lève sur cette immense terrasse au beau milieu d'une des villes les plus polluées au monde ? Tokyo. La capitale de l'est, la mégapole en sursis. Edo, théâtre, à la fois kabuki, Nô et d'ombres, bien sûr, surtout, de la vie nouvelle et féconde d'un personnage perpétuellement sur le fil du rasoir (manche en écaille, lame damassée, Alfred Dunhill, un objet unique...): Solal Aronowicz. Personnage dont on ne sait, à ce stade, plus vraiment comment le con-juguer, à la première ou à la troisième personne... Va-t-il falloir se résoudre à l'apostropher, à lui dire "tu" ? Va-t-il falloir le faire taire pour de bon ?

En attendant de déterminer ce point à la fois crucial et pédant d'expression française, le soleil grimpe encore un peu le long du ciel dur et mat de la capitale japonaise et les premiers spectateurs du combat de ce jour arrivent, gueules défraîchies et ravinées par une nuit dont ils ne se souviennent sans doute pas vraiment. Cocktails hasardeux et tièdes à la main, ils s'affaissent mollement, vidés de toute énergie, dans de profonds transats de tek pour assister à la curée matinale qui va opposer notre héros aux blessures nombreuses, mais aux vies multiples (il n'est pas immortel pour autant, attention), et le dernier séide de l'entité difforme, malfaisante et ô combien nauséabonde née de l'inévitable agglomération entre Pénélope, la chienne maudite, et d'autres femmes aigries, immondes, rendues haineuses par une existence terne, plate et, en fin de compte, complètement, absolument stérile. Il s'agit bien évidemment de cette sous-directrice d'un institut spécialisé, l'araignée putride et de deux espèces de psychanalystes demeurées et hommasses, freudiennes bornées sans imagination, sans déontologie, les blattes teigneuses. Il va sans dire, c'est une évidence, que toutes ces femmes sont folles de désir pour Solal et qu'elles auraient tué pour avoir l'incroyable privilège de passer une soirée avec lui au Watergate de Berlin (dont Solal et Tania sont les heureux propriétaires, personne ne l'aura oublié).

Et donc, cette répugnante masse de chair avariée et d'émotions poisseuses flotte au-dessus de la piscine qui brille d'un bleu froid, dur, éjaculant des interjections lapidaires en allemand, émettant une sorte de vibration sourde qui met rapidement tout le monde mal à l'aise. Une ou deux jeunes femmes vomissent sans trop de retenue, il est encore tôt, derrière un paravent de papier fin ou dans le bac d'un cerisier nain, alors qu'une petite équipe de jeunes types aux faciès pourtant brutaux file en vitesse, l'oeil hagard, la gerbe aux dents. 

- Tu es prêt, ça va aller ?

- Ouais, ouais, ça va, je me sens bien, je peux le faire, je pense que je peux le faire, ça va aller.

- Tu es sûr ? Tu n'as pas l'air au top, tu sais, je m'excuse de te dire ça, mais tu n'as pas l'air au sommet de ta forme. Tu le sais, non, je ne t'apprends rien, non ? Ecoute, tu veux quelque chose, un cigare, un whisky, les deux ?

- ... Oui, écoute, c'est gentil, les deux, je veux bien les deux, merci. Un petit short de partagas et un trois doigts de nikka, hein, vraiment, ça me ferait plaisir, ça me mettrait en jambes, tu vois. Tu crois que tu peux me trouver ça ?

Rester con, c'est se battre, encore et toujours, sans la préparation physique adéquate.


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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 10:36

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Cette ville intérieure flotte en eaux parfois troubles.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 04:16

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Même quai, au retour du même restaurant.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 04:07

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Sur un quai londonien au retour d'un restaurant particulièrement fabuleux.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 5 mai 2011 4 05 /05 /Mai /2011 08:00

La jeune fille à la queue de cheval graisseuse nous coula un long regard à la fois acide et chassieux :

- Vous voulez dire que vous annulez tout ? Toutes les réservations, la réception, la soirée, tout ? Vous annulez vraiment tout ? Les fleurs aussi ?

Ses mains tremblaient, froissant irrémédiablement le menu qui était prévu pour notre soirée de mariage (foie gras, trou valaisan, magret aux chanterelles, fromages et dessert vague). De grosses larmes molles jaillirent de ses yeux jaunâtres et se mirent à couler sans retenue le long de ses joues, slalomant entre les poils de sa barbe naissante pour venir exploser sur la planche de bois qui tenait lieu de bureau à la réception de l'étrange hôtel que nous avions déniché au fond d'une vallée perdue du bas-Valais.

- Moi qui..., moi qui me réjouissais tellement d'organiser votre mariage ici, dans notre hôtel oublié de tous, vous qui êtes..., vous qui êtes tellement beaux, tellement connus. Oh mon dieu, je suis si triste, si déçue, oh mon dieu, mon dieu.

Le poing devant la bouche, calme, je m'éclaircis la voix en deux, trois toussotements. Il était temps que je prenne la parole pour calmer un peu le jeu et tenter de rasséréner cette jeune personne trop sensible.

- Ecoutez, fis-je posément, comment dire, je, enfin, vous savez, dieu n'existe pas. C'est une ancienne invention pour combler le vide que ressent l'homme face, parfois, au manque de sens de nos vies, pour essayer d'opposer une sorte de mur à l'absurde qui nous entoure, et comment dire...

Je sentis le regard de Tania se planter dans ma tempe droite, suspendant ma tirade, qui, pourtant, du moins selon moi, était plutôt bien partie. Je tournai la tête vers elle, ma belle, ma promise, mon aimée, celle qui avait fait de moi un homme, enfin, au sens plein et entier du terme. Dans ses yeux, je lus à peu près cela : "Tu vois mon cher Solal, je t'aime et tu es tout pour moi, mais là, franchement, quand tu sors ce genre d'inepties déplacées, je pourrais tout simplement t'assommer, avec le pied de cette lampe, ou cette petite table en noyer, oui, celle-là, dans le coin." Voilà, en gros, ce que je lus dans le regard, dur à ce moment là, je dus bien l'admettre, de ma future femme. Partant, ma tirade prit un raccourci :

- Et donc, et donc, nous sommes désolés et prêts à vous dédommager bien sûr voilà voilà nous allons à présent vous laisser tu viens ma chérie et puis de toute façon quel beau temps.

Tania soupira et prit la main que je lui tendais alors que la réceptionniste s'affaissait sur sa planche mal équarrie et que de gros sanglots, convulsivement, secouaient ses épaules étroites : " Non, non, c'est pas possible, qu'allons-nous devenir, encore une annulation ! Papa, papa, viens, ils annulent !"

Un pas puissant se fit entendre à l'étage, le plancher craqua comme sous un poids beaucoup trop lourd pour lui, alors que, presque simultanément, les deux énormes chiens qui dormaient dans un coin sous le bureau, derrière la réception, se mirent à grogner à l'unisson, un peu comme des tronçonneuses tournant au ralenti. Je les avais déjà remarqué, ces deux espèces de bêtes-là, des sortes de croisements inattendus entre un Saint-Bernard géant et un mastiff napolitain, environ quatre-vingts kilos de muscles chacun, au bas mot. Bref, rien de très rassurant, d'autant plus qu'ils nous regardaient fixement, l'oeil torve, la bave, que dis-je, la bave, l'écume aux babines.

- Bon, eh bien, on vous laisse, vous avez nos coordonnées pour la facture !

Mes mocassins santoni en cuir souple dérapèrent dans le hall alors que j'embarquais fermement Tania ma belle et mon aimée dans mon sillage (Man, Bulgari). Derrière nous, deux sons très nets rythmèrent notre départ précipité : un craquement de mauvais augure dans l'escalier et le claquement de laisses sur le sol...

Rester con, c'est annuler sa soirée de mariage un peu tard.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Les chroniques de la meute
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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 07:00

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Un canal reculé, une lumière aveuglante, la fin, le début ?

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 08:00

J'imagine le type plutôt grand, un bon mètre quatre-vingt cinq, voire quelques doigts de plus, oui largement. La petite cinquantaine, peut-être moins, soyons généreux. Encore solide, il se tient bien droit sur ses jambes écartées, car des certitudes, il en a, il en est même rempli à dire vrai. Certes, il n'a pas le corps d'un jeune homme rompu aux arts martiaux ou gonflé en salle de musculation, mais c'est un adversaire solide, surtout pour quelqu'un qui vient d'émerger d'un long coma, d'autant plus que sa calvitie désormais plus que naissante le rend aigri, hargneux. Il ne supporte pas les types plus jeunes, les types dont le visage raconte quelque chose, les types dont on sent qu'ils plaisent aux femmes, toutes les femmes, bref, les types comme moi. Et puis un jeune type heureux, comme moi, ça, il ne peut pas l'encaisser. Il me fait mal à sa manière, depuis longtemps. En tout cas, une chose est certaine, c'est le produit taré du mélange improbable, mais au fond tellement évident d'un avocat, d'un juge et d'un directeur d'établissement scolaire. 


Peu importe le contexte, de toute façon, je n'hésite pas, je rentre tout de suite dans le corps à corps et je me jette sur lui, éperonné par cette violente colère qui mijote en moi depuis bientôt deux ans, cette violente colère qui fermente en moi comme un animal pourrit au fond d'une forêt sale et abandonnée. Il m'a vu venir, bien sûr, et, au moment où mes mains se referment autour de son cou, son pied, chaussé d'un immonde écrase-merde à semelle épaisse, m'atteint en haut de la cuisse, déchirant mon pantalon, un superbe Brioni prince de Galles. La douleur est vive, physiquement et moralement s'entend, j'adore ce costume, mais je tiens bon, je serre les mains autour de sa gorge, je me cramponne et, dans un hurlement assez sauvage, il faut le reconnaître, je plante mes dents dans sa joue droite et je mords, je mords sa peau flasque et dégueulasse de toutes mes forces, je mords jusqu'à que je sente l'émail racler contre l'os et là, j'arrache.


Nous tombons tous deux à la renverse sur le sol, du carrelage gris, dur et froid. Lui, il hurle et gigote comme un porc qu'on encule avant d'égorger avec une scie bien rouillée. Il faut reconnaître que je lui ai ôté une bonne tranche d'anatomie faciale. En ce qui me concerne, je m'étouffe à moitié avec ce morceau de viande visqueux qui commence à glisser le long de mon gosier habitué à des mets plus fins. Alors que je m'extirpe péniblement cette saleté de la bouche, allez savoir pourquoi, ça colle, il se jette sur moi, animé, sans doute par la rage, la douleur et, du moins à mon avis, une brutale incompréhension, car il ne sait pas qui je suis, ce fils de chien, je n'ai pas pris le temps de me présenter, c'est vrai.


Il se jette donc sur moi et m'écrase de tout son poids. Il me prend bien vingt cinq kilos et me coince habilement contre le battant du chiotte. Nous sommes dans des toilettes, une fois de plus, mais cette fois, j'entends bien ne pas me faire rosser, ni finir dans une mare de pisse. Lui, il éructe de façon inintelligible (visiblement, on s'exprime moins clairement avec une joue en moins), il semble aux portes de la folie, ses yeux révulsés tournent dans leurs orbites et il bave:


-Maist'esquiconnarddesalemaladedefilsdeputejevaisbutertagueuledetarésalecon maist'esquit'esqui?

-Qui je suis ? Je suis ta dernière mauvaise rencontre fils de chien. Tu vas payer pour ce que tu m'as fait, tu vas payer pour ce que tu as écrit et ce que tu n'as pas écrit, tu payer pour ce que tu es et ça va te coûter cher.


Ceci étant, malgré une différence certaine au niveau de la ponctuation, je dois reconnaître que je suis loin d'être tout à fait serein, je suis même passablement énervé. D'un mouvement brusque des reins, je décale mes hanches, me libérant en partie de son poids et le faisant glisser sur le côté, je lui bloque la tête avec le coude en appuyant dans le creux sanguinolent qu'a laissé sa joue. Il hurle, il sent la fin venir et il ne se trompe pas. De ma main  libre, je sors mon couteau corse à cran d'arrêt. Fin, pointu, très aiguisé, il remplit parfaitement son office. Sa lame tranchante aux reflets chatoyant rentre dans son cou comme dans un gigot après huit heures de cuisson lente, presque sans effort, un vrai plaisir. Lentement, mon regard vissé dans le sien, je lui sectionne la carotide et je le lâche.

 

Le sang jaillit vraiment comme un geyser et constelle le plafond pour retomber en petite pluie chaude. Je baigne mon visage dans cette ondée plutôt agréable et je regarde mourir ma première victime qui se débat de plus en plus mollement dans une mare noirâtre, visqueuse, qui se mélange à la poussière et aux détritus qui jonchent le sol de ces toilettes inconnues, formant peu à peu une croûte noirâtre. Il crève lentement, en râlant, et je ne parviens pas à dire si c'est la perte de sang ou la morve sanguinolente obstruant ses voies respiratoires qui le tue, cet immonde fils de chien.

 

Finalement, du moins en ce qui me concerne, la vengeance est un plat qui se mange tiède, tout cela devait bien finir par arriver, ça commençait même à se faire attendre, et rester con, c'est savoir le savourer jusqu'à la dernière goutte.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con
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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 07:00

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Phares lointains, lignes, cadres, traces...

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : Le Chemin des orties
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 07:00

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Vagues de lumièreS, glissement nocturne.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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