Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 07:00
" Voici, ô moines, la noble vérité sur la souffrance. La naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance, la mort est souffrance, être uni à ce que l'on aime pas est souffrance, être séparé de ce que l'on aime est souffrance, ne pas avoir ce que l'on désire est souffrance ; en résumé, les cinq agrégats d'attachement sont souffrance. "

fucking Siddharta Sakyamuni, dit Bouddha Gautama

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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 07:00

Chat à lunettes sous un pont et ce qu'il reste d'une jambe
Berlin 13



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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 07:00
" Qu'est ce que j'en ai à foutre ? "
Legs Diamond, 1931
in Nick Toshes, le roi des Juifs, Albin Michel, Paris, 2006


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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 07:00

ville sur un mur
Berlin 12



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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 07:00

ego

" Notre identification à l'ego est fondamentalement dysfonctionnelle, car elle est en porte-à-faux avec la réalité. Nous attribuons en effet à cet ego des qualités de permanence, de singularité et d'autonomie, alors que la réalité est tout au contraire changeante, multiple et interdépendante.

L'ego fragmente le monde et fige une fois pour toutes la division qu'il établit entre "moi" et "autrui", "mien" et "non-mien". Fondé sur une méprise, il est constamment menacé par la réalité, ce qui entretient en nous un profond sentiment d'insécurité.

Conscient de sa vulnérabilité, nous tentons, par tous les moyens de le protéger et de le renforcer, éprouvant de l'aversion pour tout ce qui le menace et de l'attirance pour tout ce qui le sustente, et de ces pulsions d'attraction et de répulsion naissent une foule d'émotions conflictuelles."


Mathieu Riccard, L'art de la méditation, NiL éditions, Paris, 2008

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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 07:00


Urbaine 3
Berlin11


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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 07:00
- Tu vois, il faut viser avec calme, anticiper la trajectoire de la cible et, au moment où l'espace est le plus dégagé, au creux d'une expiration, appuyer sur la gâchette. Attention, je dis bien appuyer sur la gâchette, pas tirer ! Il faut simplement faire un mouvement lent et mesuré du doigt vers l'arrière, surtout, pas de précipitation, le fusil s'occupe du reste. Tu comprends ? A 1200 mètres par seconde, on a le temps, on peut voir venir. C'est clair ?
- C'est très clair.

Je posai délicatement ma carabine Remington 700 XCR calibre 270 wsm sur le sol à côté de nous. Elle était arrivée hier soir par DHL de Limano, un petit village toscan retiré dans les hauteurs de Lucca : un prêt d'un ami proche très concerné par les questions touchant à la balistique et à la survie limitée d'un certain type de proies.
Smoking s'alluma une de ses cigarettes turques de chez Morland alors que je me préparais un short de partagas.
Le Soleil, encore froid et glacé, se levait à peine sur l'Alexander platz et nous étions les seuls sur la terrasse de l'hôtel Forum, haut de cent vingt-trois mètres, qui dominait toute la place de sa longue silhouette de verre.
Nous nous servîmes le café que l'ancien avait préparé ce matin vers quatre heures, juste avant sa séance de trompette quotidienne. Nous échangeâmes un regard complice en relevant avec plaisir le goût de la cardamone et du kirsch dans le breuvage brûlant. Nous nous calfeutrions dans nos trois-quarts noirs, piétinant sur place pour nous réchauffer, tapant des pieds sur le  béton, tandis que la lumière du matin avançait sur la place et que les premiers employés émergeaient des embouchures du métro. Il y avait quelque chose de tranquille et serein dans l'air.

- Bon, on va se préparer tranquillement, fit Smoking en me tapant brièvement sur l'épaule, donne-moi ton café, tu le finiras après. Pas trop de caféine, pas trop d'alcool, il faut garder les idées claires, rester maître de ses mouvements, en tout temps, en tous lieux. Surtout, vise avec calme, pas trop longtemps et contrôle ta respiration. Si tu le rates, pas d'énervement, pas de crispation, tu tires juste trois balles groupées dans la bonne direction au jugé, on avise ensuite. C'est clair ?
- C'est très clair.
- Bien, alors action.

Je posai le canon sur la bord de la rambarde et affermis ma position autour de l'arme sans tension, dans le calme, dans la détente.
- Si les renseignements de Carver sont au point, ce qui est sans doute le cas, il devrait apparaître dans ta lunette dans cinquante secondes à peu près, le U5 de 6h27 est à quai depuis une minute et quarante secondes. N'oublie pas, nous sommes à cent vingt-trois plus un mètres du sol, il sera plus ou moins à cent dix mètres de notre position, je te laisse faire le calcul, il n'est pas tout près. Donc, on se concentre. Ok ?
- Ok.

J'étais de plus en plus calme et déterminé. En moi, au rythme de mes inspirations et de mes expirations, je répétais mes mantras fétiches, guides, protecteurs :

"Je pense (inspiration), mais je ne suis pas mes pensées (expiration)"
"J'agis (inspiration), mais je ne suis pas mes actions (expiration)"
"Inspirer apporte la paix à mon corps (inspiration...), expirer apporte la paix à mon mental (expiration...)"
Et enfin :
"gate, gate, paragate, parasamgate, bodhi savha

J'étais prêt. Je me groupai autour de ma Remington, elle devenait un nouveau membre de mon corps, ma peau se durcissait à son contact alors que le métal dont elle était trempée se réchauffait contre mes muscles souples, gonflés d'une vigueur tranquille. Nous respirions lentement, profondément et nos pulsations cardiaques baissaient, sourdes, énergétiques, puissantes.
- On fait comme on a dit ?
- On fait comme on a dit, répondis-je dans un souffle glacé, ce sale fils de pute va payer une fois pour toutes.

Je sentis mon premier chakra, Mûlâdhârâ, palpiter avec force à la racine de ma colonne vertébrale au moment où Lionel Buyer apparut dans le petit cercle de verre, miracle de précision et d'optique de chez Swarovski...

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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 07:00

Des grues sur la Spree
Berlin 10


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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /Oct /2009 07:00
Cette nuit, insomnie brutale. Dans la tête, ça tourne, vite, ça s'éparpille, vite. Rien à faire, inutile de lutter, ça empire. Tourbillon, sarabande d'aiguilles et d'idées chauffées à blanc. Une sorte de tension sournoise et électrique me traverse et me tarabuste sous la peau.
La journée, je m'assomme d'activités fébriles et précises, mais le soir, ça remonte et c'est comme des épingles qu'on mélangerait dans mon crâne à coups de mortier.
Et puis faire du rangement chez moi, chez nous désormais, me rend quasiment taré d'agitation mentale. Je visualise tout ce qu'il reste à faire et derrière mon front, c'est un tetris de livres et de disques, un sabbat de fringues et de godasses qui voltigent d'étagère en étagères.


Mes yeux écarquillés, globuleux de sommeil se perdent, égarés, le long des lignes d'un Vincent Ravalec au  rythme délirant et halluciné, Nostalgie de la magie noire.
Un livre qui n'aide pas à dormir, loin de là, non, tous ces fantômes, ces morts charriés par une Loire boueuse et stagnante, ces songeries effrayantes, sanglantes, obsédantes.
Cette civilisation qui s'écroule et si je m'achetais une arme moi aussi. Après tout, il ne faut pas se leurrer, on sait comment ça va finir.
Je sens de la violence sous ma surface, prête à éclater.

J'empile les pages à la lumière de ma lampe de poche et je jette parfois un oeil de plus en plus désabusé au temps qui s'égrène inexorablement sur l'écran digital de mon nouveau réveil:
supprimer les ondes, éteindre le téléphone portable la nuit, ménager ses cellules nerveuses...
Bonne idée, la santé quoi. Résultat, je ne dors pas, je m'agite, je m'inquiète et dans ma tête, la roue tourne de plus en plus vite, les épingles sont de plus en plus nombreuses, alors que Tania la Sex-Göttin roupille de son sommeil divin et calme à mes côtés.
Peu à peu, elle se met à léviter. Calmement, elle flotte au-dessus du lit. Elle fait toujours ça quand elle rêve.
Je suis partagé entre l'admiration et un énervement brutal.

Je lâche mon livre, la lampe de poche roule entre nous deux, je fixe la lumière orangée qui sourde du palier par l'encadrement vitré de la porte d'entrée.
Ça tourne, ça crépite, je ne dors pas.

Alexandre
Je fantasme nos retrouvailles, mais quand, mais où, sous la surveillance de qui ???
Pénélope
Je fantasme l'entretien à venir, l'audience à venir, la peur de ne pas rester calme, sa manière insidieuse de susciter ma colère, ses arguments obtus et arriérés, sa main de goule crispée sur le petit poignet blanc de mon fils.

Mon fils ?...?
Notre fils, hélas, notre fils. J'ai fait un enfant à / contre / avec cette femme et on ne peut pas dire que je n'étais pas prévenu, que je ne savais pas comment on faisait les bébés, alors je demande une fois de plus, mais en silence, Tania dort, dans cette nuit où je me tords, comateux de fatigue, quel noeud j'ai ficelé à mon insu, en plein coeur de moi-même, au beau milieu des miasmes nauséabonds de l'inconscient, quel noeud impossible et inextricable j'ai manigancé à mon encontre et pourquoi me suis-je joué ce tour étrange et ambigu ?
Voilà qui ne sera pas résolu d'un coup d'épée...ou en tout cas, il ne faudrait pas.

Et puis toutes ces personnes qui se sont emparées de ce qui est désormais devenu un dossier :
monavocatsonavocatleprésidentdelapremièrechambrel'assisantesocialeduSPMI
Que va-t-on dire de moi, quels mots va-t-on mettre sur la relation que j'ai avec mon fils, que va-t-on faire de moi, de nous ? Que va-t-il rester de toutes ces heures, de toutes ces après-midi passées avec lui, de nos goûters, de nos promenades, de nos jeux à nous deux.
Quelques lignes dictées par une femme boursouflée de haine, écrites servilement par la main molle d'un avocat crétin incapable de voir les non-sens qui se glissent sous sa plume.
Cet imbécile porte le même nom que moi...
Et c'est moi qui ai besoin d'un psychiatre...

Bref. J'accumule du mauvais karma, il faut que je m'apaise.

Se lever, tituber en silence jusqu'aux chiottes et pisser à gros bouillons, c'est déjà ça et puis chercher à tâtons les ingrédients, aaaah dormir enfin, de mon cocktail de sommeil et, merde, trois fois merde, se rendre compte qu'ils ne sont plus là, ni dalmadorm, ni imovane, ni lexomil, ni aucune petite pilule qu'elle soit grise ou bleue, ronde ou ovale, il n'y a juste rien et je dois reconnaître que ça me fait chier, voilà tout, parce qu'au point où j'en suis, même moite et fallacieux, le sommeil, je n'attends que lui, mais voilà bouddhisme, méditation et tout ce fatras d'idées à la con font que je ne dors pas et que la magie chimique, cette nuit, ne viendra pas à mon secours.

Toute cette agitation intérieure, bon ou mauvais karma ? Surtout, ne prendre aucun risque. A mon avis, je ne suis pas loin de rompre le cycle des renaissances, alors pas d'écart, ce serait trop con, je suis près du but. Cette ouverture de chakra la semaine dernière, cette lévitation spontanée, ce sont des signes de progrès évidents, clairs et nets. Alors, ne pas flancher, surtout, ne pas flancher.
Savoir accepter son anxiété, ne pas lutter contre l'angoisse, pratiquer quelques respirations profondes, par le ventre, expulser l'air par les narines avec énergie, puis s'asseoir au salon au creux de mon immense divan gris, et se servir un rhum, et s'allumer un cigare, un cohiba, siglo VI. Il n'y pas de raison de se refuser quoi que ce soit, au point où j'en suis, franchement.
Après tout, si je ne dors pas, autant que ce soit pour une bonne raison. De toute façon, à l'échelle d'une existence, une nuit de sommeil en plus ou en moins, hein ?

Je glisse le dvd de la première saison de Californication dans le lecteur d'un air vicieux, je m'installe confortablement en tirant une délicate première bouffée et c'est toujours un enchantement. Dire qu'il y en a pour snober ce siglo VI...

Du coin de l'oeil, j'aperçois un grand type massif habillé en bleu et rouge qui fait des tractions  à une main dans l'entrée et un autre gars en smoking brioni qui démonte un Walter PPK dans la cuisine devant un reste de curry mouton-épinards...

Rester con et ne pas foutre à la porte des coloc' qui ne paient pas le loyer...

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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /Sep /2009 07:00

Une île en construction
Berlin 9


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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 07:00
- . . . mmh, euuh, mmh . . . Je ne dérange pas ? Je sais que c'est un peu tôt, mais j'ai senti le café.

L'homme à la cape rouge se tient sur le seuil de mon loft, un peu incliné pour ne pas toucher le haut du chambranle de la tête, l'air embarrassé, visiblement un peu essoufflé par la montée des escaliers, huit étages, tout de même, à plus de septante ans, ce n'est pas rien. Ses épaules massives montent et descendent profondément le long de la colonne qui lui tient lieu de cou. Il me jette un long regard expectatif, hochant doucement la tête.

- . . . C'est quand même un peu le bordel, ici, non ? Tu . . . tu fais de l'ordre ?
- . . . Non, pas vraiment . . . quoique, d'une certaine façon, si. Enfin, tu vois quoi.
- . . .
- . . .
- . . . Non, écoute, je ne vois pas. Je ne vois franchement pas. Et puis en fait, si tu veux franchement mon avis, Je te dirai deux choses et tu m'excuseras d'être un peu direct. Premièrement, tel que tu me vois, là, sous tes yeux, je reviens du Brésil où j'ai mis plus ou moins fin à une émeute dans la plus grande prison du pays, et j'aime autant te dire que ça n'a pas été coton, mais j'ose croire que le pire a été évité. 1500 détenus, 800 policiers, 350 civils pris en otage, deux incendies...Alors honnêtement, je pense que tu n'as pas de quoi te plaindre. Deuxièmement, ça fait au moins trois épisodes, au bas mot, qu'il n'y a pas un dialogue dans tes articles, alors moi, je dis, mais ça n'engage que moi, que tu devrais faire un effort, même si c'est un petit, ne serait-ce que pour le confort de lecture de ceux qui te lisent, comme Véro, Emily, Eric, David ou la mystérieuse maman de ton jeune homonyme.

Je dois intérieurement reconnaître que le deuxième point de son argumentaire me fait soudain douter de la réalité de certaines choses, je tends fébrilement la main devant moi, caressant l'air devant mon visage, puis je fais un mouvement rapide des doigts, comme pour déchirer du papier.
L'homme en bleu a une moue désolée, puis il s'avance vers la cuisine d'un pas lourd, mais décidé.
- Alors, ce café ?
- Je m'en occupe, mets toi à l'aise.

Lorsqu'il passe près de moi, je ne peux m'empêcher de détailler son visage aux traits fatigués et épaissis par trop de nuits sans sommeil. Sa présence dégage une puissance pure, énorme, comme une pulsation sourde, profonde, émanant de la terre elle-même. Sa force et son pouvoir sont incommensurables, il est impossible d'en douter, mais il n'ira jamais plus vite que le temps et il le sait. C'est sans doute ce qui le rend si pesant. C'est sans doute aussi ce qui rend son costume plus sombre de jours en jours. Je crois surtout que l'espèce humaine le désole de plus en plus. Après tout, il est le seul parmi les héros et les dieux à être resté parmi nous. Peut-être qu'un  matin pas si lointain, à son tour, exténué, épuisé, dépassé, il prendra son élan pour la dernière fois et les rejoindra sur Mars ou Pluton pour observer le spectacle de notre fin en compagnie des siens, assis sur sa cape rouge, définitivement pliée.

Débarrassé du haut de son costume, il se réchauffe  tranquillement un reste de curry mouton-épinards, reliquat des prodiges culinaires de l'Ancien, tout en se grattant la poitrine d'une main distraite.
C'est la première fois que je vois le héros à poil, ou presque, et je ne dis pas ça par hasard, parce que des poils, il en a une petite forêt, et je ne peux pas m'empêcher de constater que sa peau semble parcourue de blessures par centaines, brûlures, coupures, balafres plus ou moins cicatrisées et autres ecchymoses visiblement plus fraîches que le reste. De toute évidence, des souvenirs du Brésil.
Toutes ces traces forment comme un étrange réseau, complexe, hypnotique. S'il restait immobile assez longtemps, je pourrais sans doute y lire une sorte de terrible mantra contenant le secret de sa redoutable et relative invulnérabilité.
Je détourne aussitôt le regard, me concentrant sur mon cigare.

- C'est la seule casserole propre, j'imagine ? fait-il d'un air las.
- Euh, en fait, je ne suis pas sûr qu'elle soit vraiment propre.
- . . . Bien, c'est égal.

Il se place devant la fenêtre que l'onde dégagée par l'ouverture de mon chakra a brisée, inspire profondément, les os de son torse craquent, et commence une série de mouvements de yoga exécutés avec une grande souplesse et une vitesse très équilibrée. C'est assez impressionnant pour un homme de son âge, il faut le reconnaître. La posture du guerrier est tout particulièrement réussie. Il la tient pendant de longues minutes, parfaitement immobile, le visage détendu, presque serein, tout en respirant de manière ample et régulière.
La casserole commence à laisser échapper une sorte de fumée de mauvaise augure.

- . . . Tu veux que je m'occupe du curry ? Ça me dérange pas, tu sais.
- Non, c'est bon, finis tranquillement ton cigare, j'ai terminé.

Alors qu'il met la table, je lui prépare le café avec le seul pétale disponible de mon sixième chakra, tous les autres lisent, soit Nick Toshes, soit Ravalec, ce qui est plus léger, mais tout-à-fait recommandable aussi, son projet littéraire est à la fois étrange et rigolo, prennent un bain à la mousse de marron d'Inde, et c'est très clairement le bordel dans la salle de bains, ou finissent de découper le gommier pour visiblement préparer un bon feu.

Bref, tout le monde est très absorbé, il me reste donc à savourer tranquillement la fin de mon siglo 1, toujours très soutenu dans le dernier tiers, ce qui achève de me réveiller complètement et me forme le palais pour attaquer un bon curry mouton-épinards à peine brûlé.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Utopia
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 07:00

Dans la cage...
Berlin 8


Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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