Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /Oct /2008 07:00


Artisans-pélerins stabilisant la Lisière sud à grand renfort de lumière


Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Samedi 11 octobre 2008 6 11 /10 /Oct /2008 08:25


Trois guerriers différents auprès de mystérieuses colonnes
acrylique sur toile (n. 20), 40 x 80
octobre 2008



Par Solal Aronowicz - Publié dans : toiles - Communauté : Utopia
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 06:36


présences lumineuses


Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 06:00
Puisque vous avez lu avec attention la petite série intitulée un chouette anniversaire, qu'avez-vous découvert entre les lignes ?

Qui sont, selon vous, les personnages suivants ?

- Michel

- Louis-Ferdinand

- le Smoking

- le vieil homme aveugle

- le guerrier

... à vos claviers, attentifs lecteurs, et merci d'avance pour vos interprétations (je suis prof, alors les questionnaires de lecture, c'est un peu une déformation professionnelle, désolé...).





Par Solal Aronowicz - Publié dans : un capharnaüm bien étrange
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 06:00


Colonnes d'une puissance extraordinaire,
Guerriers sous la menace de la Dissolution, le pays secret

acrylique et marqueur sur toile (n. 16), 40 x 80
octobre 2007



Par Solal Aronowicz - Publié dans : toiles - Communauté : Utopia
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 06:00
Les yeux écarquillés de fatigue, j'erre au bord du sommeil qui se refuse à moi.
Traîner dans les couloirs de mon appartement, hagard et épuisé
Chercher d'autres endroits où se calfeutrer pour s'endormir par surprise.
Le divan
Sous le banc
Recroquevillé dans un coin de l'entrée
Mais quelque soit la position, malgré la lenteur de ma respiration et un véritable besoin de se laisser aller, je ne dors pas. Une sorte de surface granuleuse, un peu piquante, est tendue sous ma peau. Elle me coupe tellement du sommeil que je ne peux même pas m'approcher de la lisière.
De toute façon, je ne suis pas le seul à ne pas dormir dans cet appartement...
Je forme une grosse boule molle avec mon duvet et les oreillers et je vais regarder ce qui se passe dans ma cuisine. Généralement, les nuits d'insomnie, des spectacles étranges s'y déroulent.

Mon gommier est sorti de son pot sans se faire remarquer, assez proprement, il faut le reconnaître, il n'y a pas de terre sur le parquet et le masque fang s'est installé dans les branches hautes. Ils lisent Monsieur, un article assez intéressant sur la mort du dandy qui précise bien l'immense stakhanovisme vestimentaire dont il faut faire preuve si l'on veut mériter cette appellation plus que galvaudée de nos jours. Malgré quelques efforts poliment relevés par mes amis et certains collègues, je me livre modestement à un culte raisonnable du soulier et de son corollaire intérieure, la chaussette. On dira que mon approche du dandysme reste très timide, voire terre à terre.
Quoiqu'il en soit, le gommier et le masque semblent passionnés, ils remuent à peine à mon arrivée.

Après m'être préparé un excellent thé blanc, je regarde Superman, que je n'ai pas non plus entendu descendre du frigo, faire des pompes sur le tapis rose de la cuisine. Il a dû repousser la table. 1m96, 100 kilos, il prend de la place, forcément. Il a aussi enlevé sa cape et l'a posée pliée dans la longueur sur le dossier d'une chaise. D'un geste discret, je tâte le tissu dont elle est faite.
Selon la plupart des sources sérieuses à son sujet, Konrad Mauntz parmi les premiers, notamment dans son remarquable Superman ou le romantique ignoré,  Martha kent, la mère adoptive du jeune kryptonien, a taillé le costume de Kal-El dans les couvertures dont il était enveloppé dans le vaisseau qui l'a conduit sur Terre suite à la destruction de sa planète natale et à la mort de ses parents biologiques. Cette matière serait donc d'origine extra-terrestre. Elle est très douce au toucher et visiblement étonnement résistante.
Ce contact est étrangement hypnotique, rassurant, mais peu à peu, je sens qu'il me transmet une pulsation sourde, puissante, qui résonne sous ma peau et qui bat peu à peu à l0unisson de mon nouveau coeur.
100, 200 pompes, je ne dors toujours pas. Une tasse, deux tasses. Lui, il ne force pas, il change de main. 300, 400 pompes, je finis mon thé et je touille mollement un fond de sucre avec ma cuillère. Mais pourquoi diable Superman fait-il de l'exercice? Depuis quand a-t-il besoin du moindre entraînement ?

N'ayant le courage ni d'effectuer le moindre appui facial, ni de me mettre à lire à mon tour,  ce qui serait plus raisonnable, je viens d'ailleurs de terminer le très bon, le très désabusé Guerre à Harvard du terriblement jeune Nick Mc Donell, je zone sans conviction sur internet.
Très vite, je me rends compte que la connection ne se fait pas comme d'habitude, je reviens systématiquement sur le même site d'art qui semble vendre des Pollock ou des Rotkho en ligne à des prix étonnement bas. Une filiale de Sotheby's visiblement. Curieux, je commence à établir une petite sélection de tableaux qui me plaisent depuis longtemps.
Mon gommier se penche lentement sur mon épaule, murmure un assentiment, rauque, à peine articulé, approuve une nuance de couleur, hochant de ses grandes feuilles vertes et grasses en silence. Le masque fang semble tourné vers moi. J'ai l'impression qu'il contemple mon visage et que son front s'incline un peu vers moi, comme s'il se demandait pourquoi je n'ai qu'un oeil. Une parole se détache enfin.
- Manger dit-il très lentement.
- Ma foi, je te donnerais bien à boire, mais comme tu n'es pas dans ton pot...
Il me semble, mais ce n'est pas évident à isoler dans le mouvement général qui fait doucement onduler ses branches, qu'il hausse légèrement les épaules.
Il quitte lentement la cuisine d'une démarche mi-rampante, mi trottinante, traverse le couloir, laisse cette fois deux ou trois pellettes de terre derrière lui, sorte de végétale revanche à mes propos peu respectueux du pouvoir mystérieux qui l'anime, une question d'ailleurs encore peu débattue, ces quelques lignes seraient pourtant l'endroit idéal..., et ferme la porte derrière lui sans la claquer.

Superman se redresse, il vient de terminer une série de 2000 abdos. Il jette un oeil rapide sur l'écran.
- Je crois que Tony Stark se débarrasse de sa collection. C'est sans doute une affaire, si tu as un peu d'argent. Tu sais, c'est celui qu'il a acheté à David Rockfeller en mai 2007. White Center (Yellow, Pink and Lavender on Rose).
- Ah. Combien ?
- un peu plus de 72 millions, je crois.
- Ah, là, il est quatre mille.
- Oui, tu peux même payer en plusieurs versements. Ce site à l'air sérieux. Quand on a envie de quelque chose, moi je pense qu'il faut y aller, me dit-il avec un sourire triste et désabusé.
Bon, le rapport de Superman à l'art contemporain n'est pas un aspect de sa personnalité systématiquement mis en valeur dans les travaux qui le concerne, passons, mais j'attends de lui une attitude plus rigide, plus paternaliste, du genre : "Mais non, tu sais bien que tu es à sec, et puis c'est sans doute une reproduction chinoise. Viens, faisons quelques tractions, ça te fera du bien."
- Tu sais, Solal, chacun son Superman. Je ne suis qu'une figurine sur ton frigo.
- Une figurine de 75 centimètres...
- Quand on sait pas faire la distinction entre des inches et des centimètres, sourit-il en mettant sa cape.
Bref, je n'ai pas un sou, mais je viens de m'offrir une american express en plus de la visa, de la mastercard et de la diner's club, il n'y aurait pas de plus belle manière de l'étrenner que de craquer pour ce Rotkho.
Il sera bien dans l'entrée, très lumineux, très coloré. Chatoyant , même, sous un certain angle. Il va sans doute en faire pleurer un ou deux, à la galerie Blue Square entre autres...
Je clique sur "valider la commande".

Rester con c'est faire ses achats déco, en ligne, tard le soir.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con
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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 06:00


Gardiens pris entre de dangeureux courants, le pays secret
acrylique sur toile (n. 7) , 40 x 80
septembre 2007


Par Solal Aronowicz - Publié dans : toiles - Communauté : Utopia
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 15:01
L'appartement est désormais rangé, ne restent que quelques ballons, reliquats colorés de l'anniversaire de mon fils, et une tache rougeâtre contre un mur autrefois blanc, reliquat de la petite fête organisée pour le premier mois de mon blog.
Tout est calme, tout est propre, rien d'autre ne traîne, mais je ne vais pas vraiment mieux pour autant.

Je passe souvent une main prudente sur ma poitrine qu'un ami chirurgien descendu en catastrophe de Londres a raccommodée au mieux. Vu l'étendue des dégâts, le peu de précautions prises au moment de l'opération et son état lorsqu'il me recousait dans la cuisine, la benson au coin de la bouche, un oeil sur le dernier épisode de californication.
- Putain, impossible à télécharger cette merde, heureusement que t'es encore assez con pour acheter des coffrets.
Vu, enfin, qu'il met un point d'honneur à effectuer tous ses trajets en vespa et, à grands renforts de claques, à opérer sans anesthésie.
- Putain, bois un verre d'eau et arrête de gueuler, j'entends plus rien !
Vu, donc, tout ce que je viens de préciser, je suis rafistolé certes, mais pas vraiment présentable.
Toutefois, je suis vivant, c'est sans doute ce qui compte le plus.

Je passe donc souvent une main prudente sur ma poitrine traversée par cette incroyable cicatrice, trace sans doute ineffaçable du coeur qu'on m'a arraché, puis remis.

Trace d'une faute,
Trace d'un amour non partagé
Trace de chair boursouflée.


Je ne suis pas encore retourné au travail, et même si mon ami londonien me refuse par principe tout certificat médical, la complaisance n'étant pas son fort, ni d'ailleurs d'un quelconque intérêt pour lui, il m'a tout de même, en échange de quelques kilos de films, orienté vers un des ses collègues, le fameux docteur N., qui lui saurait peut-être aborder mon cas avec le regard et l'écoute nécessaires et m'accorder, le cas échéant, les papiers dont j'ai besoin pour me remettre et me reposer un peu.
- Tu verras, il est bien, bon c'est un psy. Cliniquement, la psy est morte depuis la fin des années 90, tu le sais, mais je pense qu'il saura s'y prendre avec toi. Ne lui dis pas que c'est moi qui t'envoie, il est resté sur une défaite assez nette au tennis, je crois qu'il l'a mal digérée. Bon, il joue pas trop mal, mais il est en-dessous, tout simplement.

- Aronowicz, ouais, qui vous envoie chez moi ? Comment ça, vous pouvez pas me le dire ? !  Vous êtes complètement con ou quoi, vous savez à qui vous parlez ? Je suis le plus jeune prof ordinaire de toute l'Europe, sans doute du monde. Alors un gars qui m'appelle chez moi à une heure pas possible pendant que je suis en train de me faire sucer sans dire quel sac à merde lui a filé ce numéro privé, un gars comme ça peut aller se faire foutre. C'est pas parce que vous avez un nom de juif que je vais vous prendre. Le docteur D. vous dites ? Je vois parfaitement qui c'est, je l'ai écrasé au tennis il y deux ou trois mois à Londres, j'étais en congrès. Il joue pas mal, mais trop de fautes, aucune condition physique, une partie intéressante au demeurant. Écoutez, je m'occupe de votre certificat et je vous attends à ma clinique en fin de semaine, disons vendredi prochain, à 11 heures. Prenez vos affaires de tennis et quelques cigares au cas où.

Je passe donc souvent la main sur ma poitrine le long de cette étrange cicatrice et, alors que ce dimanche commence déjà à finir, j'allume un superbe Arturo Fuente, un double corona gran reserva. Je ne vais pas très bien, mais ce n'est pas une raison pour se laisser aller.
C'est plutôt une vitole pour le soir, à fumer après un bon repas, plutôt copieux pour avoir l'estomac bien calé. Ceci dit, ces modules impressionnants sont moins puissants qu'on l'imagine et puis celui-là a la particularité d'avoir bénéficié d'un vieillissement attentif, voire amoureux de 10 ans, grâce aux soins élaborés et méticuleux d'amis plus spécialistes que moi. Il sera idéal pour une dégusation tranquille de fin de journée.
Le tirage est parfait, lent mais facile, ample et généreux. Je crois que c'est ce qui compte le plus pour moi. Je déteste devoir m'époumoner sur un cigare trop serré. Ceux-là finissent par la fenêtre, dans le Rhône au mieux.
Je fume, les chasses du comte Zaroff commencent. Finalement, cette convalescence va être magnifique.

Rester con, c'est aussi obtenir des certificats médicaux foireux.



Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 14:10


La septième zone étrange

Ici, la poussée de l'ombre est plus importante, plus diffuse aussi. Sur ce point-là, tous les cartographes-pélerins sont d'accord. Il est sans doute impossible de contenir cette lente pression, ce mouvement souterrain inexorable dont le propos est de rester à la limite, mais également de toujours la faire reculer.




Par Solal Aronowicz - Publié dans : zones étranges - Communauté : Reg' Arts Photos
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 14:07


Mouvement rapide dans un endroit lumineux



Par Solal Aronowicz - Publié dans : toiles - Communauté : Reg' Arts Photos
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 06:00


la Corruption d'un Lieu tranquille
acrylique et marqueur sur toile (n.23), 60 X80
octobre 2007




Par Solal Aronowicz - Publié dans : toiles - Communauté : Utopia
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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /Oct /2008 06:00
Bon, dans la vie, il y a un temps pour tout. Un temps pour se plaindre et dire que ça ne va pas, et un autre pour parler de choses sérieuses. Or, James Bond est justement une chose sérieuse, voire très sérieuse. Après tout, je l'ai quand même invité à l'anniversaire de mon blog, ce n'est pas rien.
Et puis, de manière générale, les Suisses devraient plus se pencher son cas, le revendiquer même, puisqu'il est quasiment certain que sa mère, Monique Delacroix, est vaudoise, et que lui même a étudié pendant une année à l'université de Genève, en 1936, 1937. Il était certes fort jeune, 16 ans tout au plus, mais malgré son renvoi d'Eton deux ans auparavant, c'était un élève doué. Une année pendant laquelle il a été logé au quai Gusatve-Ador. Bon je n'irai pas jusqu'à dire que James Bond est suisse, non surtout pas, je le préfère sous le drapeau britannique, of course, mais il a certaines attaches du côté du lac Léman, c'est un élément à ne pas nier.
Aux pointilleux qui ronchonnent pour savoir quelles sont mes sources, je répondrai qu'elles sont doubles. Premièrement l'excellente biographie de Laurent Queyssi parue aux moutons électriques  en 2007, les nombreuses vies de James Bond, et deuxièmement, mon grand-père. En effet, ce vieux baroudeur a bien connu notre héros à l'époque où lui-même était employé de l'université comme assistant technique. Il en profitait pour mettre au point ses travaux qui devaient aboutir à son fameux viseur Delta Reflex qui révolutionnerait le monde de la DCA en son temps. Son succès serait tel qu'une base américaine de Floride serait nommée en son honneur quelques dizaines d'années plus tard. Mais je m'égare.
Quoiqu'il en soit, mon grand-père fumait régulièrement des cigarettes turques en compagnie du jeune James Bond (à cette époque, il n'avait pas encore découvert le fameux mélange que Morland préparerait pour son usage exclusif) dans son étrange bureau où s'amoncelaient toutes sortes de souvenirs de voyages lointains et sans doute homériques.


Voilà donc en ce qui me concerne d'excellentes raisons de m'intéresser à l'espion britannique et de proposer un  petit "top five" de ses meilleurs films, classement, of course qui sera sans doute sujet à d'âpres discussions, du moins je le souhaite sincèrement (ceci étant dit, je sais que les préoccupations de bien de gens, même si ce sont mes lecteurs, sont tristement triviales et donc loin de sujets de réflexion tels que celui que je propose maintenant...)


1. James Bond contre Dr. No

Pour la façon magnifique et nonchalante que Sean Connery prête à James bond lorsqu'il inspecte sa chambre d'hôtel en silence pour finir par jeter le téléphone avec désinvolture sur le lit et par demander, le pied sur les couvertures et le coude sur le genou, à changer de chambre. James Bond est là, pas dans les scènes d'action ou de séduction, mais dans cette superbe souplesse empreinte de brutalité sous-jacente.
Brutalité toute professionnelle qui ressort, et comme je l'envie, lorsqu'il exécute sans broncher le tueur venu l'assassiner dans la maisonnette de la jolie secrétaire. Sec et sans bavures... Roger Moore en aurait pâlit.
Pour la scène où James Bond apparaît pour la première fois (pas pour la toute première, certes, mais enfin, ce qui a précédé, est-ce la peine de le relever ?) jouant aux cartes au cercle les Ambassadeurs. Cigarette, gros gains, femme séduite,... notre héros est là.


2. Bons baisers de Russie

Pour cette incroyable scène où deux messieurs déambulent dans les sous-sols d'Istanbul en costumes gris clair et devisent en observant la salle de réunion de l'ambassade soviétique au travers d'un périscope. James Bond est là aussi, dans ce décalage délicieusement suranné, dans ces conversations de gentlemen à l'élégance grantienne en train d'organiser la défense du monde libre.
Pour une certaine bagarre dans un certain train également, bien sûr.
Pour ce "well" extraordinaire lorsque James Bond reconnaît que la jeune agente soviétique dont il est censé obtenir des informations cruciales pour son gouvernement ne le laisse pas indifférent.

3. Au service secret de sa majesté

Pour son interprète unique, mélange subtil de force, de vigueur et de fragilité, qui sans doute aurait fait un James Bond à l'enviable longévité.
Pour une Bond girl bien particulière, elle-même agente très spéciale dans un monde parallèle.
Pour l'alliance passée entre le héros et le grand banditisme et pour celle passée au doigt de la jeune femme citée ci-dessus.
Pour l'Aston-Martin DB5 V8.
Pour ces étonnantes scènes d'action passées en mode accéléré et cette incroyable bagarre où les protagonistes se retrouvent en trois coups de poing de l'eau jusqu'à mi-cuisses alors qu'ils étaient au moins à une dizaine de mètres du rivage.
Pour toutes les autres bagarres aussi, en fait, délicieusement démodées et dynamiques.
Pour la chanson de Louis Armstrong, we have all the time in the world.
Pour voir James Bond en kilt et l'entendre confesser une veritable aversion pour le sport.
Pour de très belles scènes à ski.

Pour un excellent Blofeld, flic de haut vol à la sempiternelle sucette dans un monde tout aussi parallèle que le précédent.
Pour une incohérence interne à l'univers des films (clin d'oeil peut-être à l'ordre des livres...). En effet, Blofeld devrait reconnaître James Bond, et donc ne pas se laisser abuser  par son identité de membre du collège d'héraldique de Londres, puisqu'il l'a déjà rencontré dans On ne vit que deux fois. Ceci dit, ils étaint tous deux autres... S'agit-il alors d'un accès de cohérence méta-filmique ? Ce serait superbe !

Mon Dieu, quelle avalanche d'arguments, mais est-ce mon James Bond préféré ? !


4. Casino Royale

Pour cette nouvelle énergie, pour ce retour au réalisme et aux origines de Bond : la brutalité et les cartes.
Pour la scène d'ouverture et la façon intelligente dont le gun barrel, passage absolument obligé, est amené et incrusté à l'écran.
Pour le générique, son graphisme et sa chanson.
Pour l'extraordinaire dimension physique des scènes des poursuites et de très, très belles bagarres (merci Jason...).
Pour cette fameuse scène de poker (celle aux Bahamas) où Bond gagne aux cartes l'Aston Martin DB5 qu'il utilisera par la suite (...eh oui) dans Goldfinger, un très joli clin d'oeil.
Pour la scène où James Bond, couverts de sang, reprend son souffle après la bagarre des escaliers, souffre, lâche même une petite grimace devant son miroir et s'envoie au bas mot un demi-verre de whisky (sans doute) pour se requinquer, un geste très bondien, très fidèle au personnage des livres.


5. Goldfinger / Rien que pour vos yeux

Pour Sean Connery une fois de plus : charme, force féline et élégance.
Pour la première pré-mission qui condense bien des aspects caractéristiques de l'univers bondien.
Pour une réplique d'anthologie : "You expect me to talk ?" "No, Mister Bond, I expect you to die !".
Pour la partie de golf contre Goldfinger, James Bond étant en effet un excellent joueur, il fallait le montrer à l'écran. Une passion qu'il a d'ailleurs transmise à Sean Connery qui avait dû apprendre à jouer pour le film et qui n'a plus lâché les clubs depuis.
Pour, enfin, une ambiance générale, un équilibre qui lance vraiment le style James Bond.

Pour une pré-mission qui commence par une scène mélancolique bienvenue dans l'univers de James Bond. L'agent secret se recueille en effet sur la tombe de sa femme.
Pour ce qui suit juste après en hélicoptère, ces acrobaties tournées en 1981 au-dessus de la Tamise tiennent encore la route, du moins à mon sens, aujourd'hui.
Pour la fin cocasse d'un méchant qui a tenu bien des films : jeté au fond d'une immense cheminée d'usine.
Pour un rythme général plutôt enlevé.
Pour un objectif de mission, un sytème de lancement de missiles de la taille d'une machine à écrire, étrangement réaliste pour un James Bond (cf. Moonraker...).
Pour un Roger Moore qui ne ridiculise pas trop le personnage, pour une fois...

Voilà.
Bon tout tout ceci n'est pas gravé dans le marbre, au fur et à mesure de mes relectures de ces films, de subtiles modifications se font, mais que les choses soient claires, on ne verra jamais, vraiment jamais, l'homme au pistolet d'or ou le monde ne suffit pas en tête de liste.
Restent à venir un classement des acteurs (on peut facilement se livrer à certaines déductions sur la base de celui-ci) et un classement des méchants (à ce niveau là, la question du critère est absolument cruciale. Le plus réaliste ou le plus mégalo, par exemple).


Par Solal Aronowicz - Publié dans : un capharnaüm bien étrange
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