Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 08:00

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La Porte blanche qui mène au... enfin... il suffirait d'ouvrir.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : Le Chemin des orties
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Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 08:00

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Un canal, des palaces, bien des possibilités...

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 08:00

Une épaisse fumée noirâtre jaillit soudain d'une sorte de bouche couronnée de chicots qui venait de se former à la surface de l'énorme bulle de haine et de violence. Dans un souffle nauséabond, elle fondit sur moi et m'enveloppa sans que j'aie pu esquisser le montre geste de défense, me coupant soudain complètement du monde, comme si j'étais d'un seul coup projeté dans une autre dimension.


Je n'entendais plus rien, je ne voyais plus rien, je ne sentais plus rien. Cette fumée maudite, poisseuse et sournoise s'infiltra à l'intérieur de moi par mes narines, par ma bouche, se glissa derrière mes globes oculaires, me pénétra par tous mes pores et aussitôt, des pensées négatives, lourdes, tristes, mauvaises et montèrent en moi, me submergeant très vite, telle une eau noire et glacée.


Je me voyais mourir, sauter de ce fameux pont, m'écraser à une vitesse folle en voiture contre un mur de pierres de taille (en aston martin DB5, tout de même), ou enfin m'ouvrir le ventre avec un couteau de cuisine japonais en maugréant d'incompréhensibles syllabes. Je mourais, je mettais fin à mes jours, je me tuais, me frappant la tête contre l'angle d'une paroi ou ingurgitant des litres d'acide citrique, me liquéfiant en miasmes putrides. Je m'ouvrais les veines dans une chambre d'hôtel miteuse, proche de la gare, la seule vraie question portant sur la nature de l'alcool que j'aurais ingurgité avant de crever, rhum ou whisky.

Dans ce délire obsédant et immonde qui me dévorait, je massacrais mon entourage aussi. Tous les miens gisaient morts et froids à mes pieds alors que le canon du Walter P99 fumait encore. Il y avait d'autres corps, un petit homme ridicule aux bras croisés sur une poitrine étroite ou une sorte de grande femme au nom masculin et au visage de seiche.


Peu à peu, cet ignoble agrégat d'idées noires, violentes, insupportables m'écrasait, étouffant le bonheur de mon retour à la vie. Je parvenais à une sorte de lisière noire et fangeuse, comme tout au fond, puis...


In extremis, je pus toutefois à m'accrocher à une image, étrange, mais réconfortante, qui monta en moi comme une bulle savon : je voyais Tania, allongée nue dans une immense chaussure, un superbe richelieu deux oeillets au cuir brun-roux, une coupe de champagne à la main. Elle riait, elle riait tellement que toute cette funeste fumée noire devint blanche, légère et pétillante. Ces volutes nouvelles me soulevèrent vers la surface et lentement, je commençai mon ascension vers le haut.


 

Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 08:00

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Perspectives et Lumières

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 24 février 2011 4 24 /02 /Fév /2011 08:00

La masse noirâtre, fétide et considérablement puante, il fallait bien le reconnaître, se mit à flotter mollement devant nous, au-dessus du jardin, en émettant d'étranges vibrations sourdes qui résonnaient au fond de ma poitrine, soulevant légèrement mes côtes, comprimant mon coeur qui commença à battre à coups saccadés. Assez vite, je me mis à éprouver une sorte de dégoût viscéral pour ce que je voyais et sentais. Des émotions brutales et contradictoires s'agitèrent en moi comme si on me les injectait de l'extérieur. Je dus alors me mettre à contrôler ma respiration pour ne pas me sentir mal. Inspirer, expirer, inspirer, expirer par le ventre, lentement, allonger le souffle, visualiser le trajet de l'air et le laisser trouver son rythme seul. Relâcher la musculature du visage, garder les yeux dans le vague, décrisper le front.


Kal ne bougea pas vraiment, il prit juste le briquet que lui tendait l'agent secret qui venait de nous rejoindre. Il ralluma ses cigarettes d'un geste serein, presque désinvolte, ça ne lui ressemblait pas, et en profita pour en glisser une troisième à côté des deux autres. Alors que j'esquissai un mouvement vers son épaule, mon cigare dressé entre l'index et le majeur, il m'envoya un regard éloquent qui stoppa ma main en vol. Le plaisir des retrouvailles avait visiblement ses limites, il ne fallait pas exagérer.


Je saisis donc à mon tour le briquet laqué rouge et rendit peu à peu vie à ma vitole par le feu, lui qui purifie tout. La fumée me remit aussitôt d'aplomb et je fus bientôt en mesure de regarder en face l'espèce de trou noir nauséabond qui continuait de flotter à quelques mètres de nous, sorte de boule filandreuse de gras, d'organes et d'émotions violentes refoulées ouverte sur une dimension négative, primitive et inverse. Des cris sauvages, des hurlements de hyènes, des vociférations de cannibales affamés en jaillissaient par flots saccadés, puis des sortes d'ordres répétitifs braillés dans une sorte d'allemand médiéval, puis des pleurs, des plaintes, des menaces, du chantage enfin, dans un long murmure obsédant, lancinant, puis peu à peu inaudible. Kal pencha sa masse immense vers moi et murmura :


- Si tu veux mon avis, mon cher Solal, c'est pour toi, tu n'as pas fini, tu es peut-être même mal parti, enfin, c'est à toi de voir. Ca a même l'air d'avoir évolué...salement, même...

- Ouais, je viens de me réveiller, j'estime que tout cela n'est pas très, très fair-play, on pourrait me laisser le temps d'émerger avant de revenir aux affaires, fis-je, désabusé, que je voie un peu où j'en suis, en envoyant une bouffée agressive en direction de la chose vociférante et négative surgie d'on ne sait où, à dire vrai. Et puis comment, m'avait-on retrouvé?

- Fair-play, tu veux rire mon vieux, ricana l'agent secret en rajustant sa pochette de poitrine, mais tu sais bien que ce que tu appelles "les affaires" n'attend pas. Après tout, tu avais eu l'occasion de régler une partie du problème à Berlin, si mes souvenirs sont bons, non ? Mais voilà, tu as préféré te tourner vers le bouddhisme, alors après, il ne faut pas venir te plaindre, du moins, c'est mon avis.


Un ange passa, repassa, passa à nouveau, puis se posa dans un coin éloigné de la véranda, écarta tranquillement un des pans de son pagne taille basse, et pissa discrètement sur bonsaï.


- ...Tu as ton Walter PPK sur toi ? fis-je sourdement. 

- Walter P99, il faut suivre s'il te plaît. Je suis vieux, certes, il faut bien l'admettre, mais je me modernise, je reste dans le vent. Polymère, crosse moulée à ma main, 16 cartouches, oui, je l'ai, tu veux te faire plaisir ? Un petit carton ?

- Je ne pense pas que la violence puisse résoudre quoi que ce soit dans cette affaire-là, intervint Kal d'un ton morne en envoyant sentencieusement une triple bouffée au ciel. Je pense qu'il faut faire face avec des paroles apaisantes et laisser les émotions de côté. En cas de conflit, les émotions ne mènent à rien, en tout cas, c'est ce que je pense. Tu es assez heureux dans ta vie, mon cher Solal, pour te confronter à ce qui te déplaît dans le calme et la paix.

- Voilà qui est délicieusement paradoxal, se confronter dans la paix, c'est charmant, mignon, j'adore. Depuis la chute du mur, on aura vraiment tout entendu, railla l'anglais. Prends mon Walter P99, mon vieux et fais-toi du bien, c'est ça la détente... Appuie sur la gâchette tranquillement, le coeur serein, dans la paix, tu verras, ça vaut le coup.

Pendant notre conversation, ou plutôt, notre semblant de conversation, la boule de haine noirâtre avait augmenté de volume et s'était rapprochée de nous. Kal se leva, l'agent secret sortit son arme et quant à moi, je ne savais pas trop quoi faire.


Rester con, c'est se demander si la violence est une solution.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Le Chemin des orties
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Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 10:10

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Nouveau lieu : nouvelles perspectives

Retour en ville !

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 08:00

Je me tournai vers le couloir qui débouchait sur la pièce dans laquelle je me tenais. Kal- El, le héros en rouge et bleu, notre protecteur, notre dieu vivant pour certains, de plus en plus nombreux d'ailleurs, immense, massif, puissant, énorme, remplissait quasiment tout mon champ de vision. Je dus prendre du recul pour le voir en entier. Il prenait tellement de place que la lumière du jour semblait se retirer, intimidée, devant lui. Il penchait la tête pour ne pas toucher le plafond de bois ancien. Son costume, troué et rapiécé en plusieurs endroits, était encore plus sombre que la dernière fois, presque noir, et son visage semblait lourd de fatigue, de tristesse et de résignation. Il fit deux pas hésitants dans ma direction, mais me tendit sa main de la taille d'une raquette de tennis dans un geste généreux. L'énergie qui émanait de sa poigne était à la fois sourde, inquiétante et sans limites.

 

- Félicitations pour ton mariage, Solal. Désolé de ne pas avoir été là, j'avais bien reçu l'invitation, mais une urgence en Asie du sud-est, volcan, tsunami, un peu comme d'habitude, des dizaines de milliers de morts, j'ai fait de mon mieux, enfin bref... tu vois. Euh, tous mes voeux de bonheur donc. Tania est contente ?

- Merci, mon vieux, merci... Oui, Tania est aux anges et moi aussi, la cérémonie était magnifique et la soirée s'est très bien passée, nous avons très très bien mangé, un gastro magnifique près de Genève, certains invités ont raconté d'étranges histoires et nous avons fait le point sur bien des choses, nous avons tenu de drôles de propos, quelques bagarres assez hautes en couleurs, mon père a cassé la gueule à une sorte de type, un certain Jean-Ber, je crois, je ne sais même pas qui l'a invité. J'ai même dansé, tiens, pour une fois. Bref, une soirée très réussie. On ne pouvait pas rêver mieux.

Je le regardai longuement bien en face, droit dans les yeux. Il semblait tellement vide et absent.

- Tu ne pourras pas porter éternellement le poids du monde, malgré toute ta force, tu le sais, non?

- Je sais, je sais, soupira-t-il en tirant nonchalamment une cigarette de son slip rouge, il reste du café ?

 

Il s'avança sur la véranda qui craqua dangereusement sous son poids, rota, s'assit avec difficultés, gratouilla le chat qui se prélassait au soleil et alluma sa Morland's special de son regard laser.

Il tira lentement une longue bouffée qu'il expira en volutes sinueuses et s'amusa à former de grands S gris qui s'évaporaient rapidement sous le soleil.

De mon côté, j'avais mis la main sur un joli petit humidor en cèdre laqué. Il contenait toute une série de cohiba siglo 1 sagement rangés les uns à côtés des autres. Après les avoir tâtés pour me faire une idée de leur degré d'humidification, j'en choisis un à la cape bien foncée, maduro, et je le fis rouler entre mes doigts. Il était à point et semblait n'attendre que moi. Je rejoignis Kal sur la véranda et je pris place à ses côtés. Son corps dégageait une chaleur si intense que je dus m'écarter un peu de lui pour ne pas me mettre à transpirer à son contact. Un coupe-cigare en acier au format d'une carte de crédit bondit soudain d'une des poches de mon costume. Je tranchai la vitole au milieu de sa convexité fianle, pour concentrer un peu les arômes, puis, après une brève hésitation, j'appliquai la tête de mon cigare sur l'épaule du super-héros qui déprimait à mes côtés. Il grésilla assez vite avec un entrain qui faisait plaisir à entendre. L'ambiance reprenait.

- Ben, faut pas te gêner mon gars, laissa tomber le héros d'un ton morne.

- Non, je ne vois pas de raison de me gêner. Et puis tu vois, même dépressif tu sais te rendre utile.

- Ouais, utile... fit-il en extirpant une autre cigarette de son slip rouge et en la glissant aux côtés de la première, utile, ouais.

C'est alors que, sans prévenir, tandis que cette douce matinée de retrouvailles se déroulait si bien, l'air sembla se tordre devant nous, une sorte de poche sombre et poisseuse s'ouvrit au-dessus du jardin méticuleusement ordonné, comme vomie depuis une autre dimension. Une odeur terriblement fétide, particulièrement immonde, en émergea et souffla d'un coup mon cigare qui commençait à peine à me calotter le palais.

Rester con, c'est ne pas être prêt quand l'ennemi, lui, l'est.

 

Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 10:07

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Ile secrète, en fait plus ou moins, située au beau milieu de ce lac de montagne ensoleillé.

Un dolmen se dresse en son centre, cachangt l'entrée d'une très ancienne crypte.

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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 08:00

Tania posa une tasse de café brûlant devant moi, glissa une main dubitative dans ma barbe d'ermite, tirailla quelques poils en les enroulant autour de ses longs doigts aux ongles mis en valeur par le superbe Rouge Noir de Chanel et me dit d'un air sérieux, me regardant bien en face :

- Bon, mon tout beau, tu viens de te réveiller, tu n'es pas encore tout à fait parmi nous, certes, mais reste vigilant, sois sur tes gardes, je t'en supplie. Il y a, il y a... comment dire, des perturbations qui s'annoncent, on ne va pas rester tranquille longtemps, ça pourrait mal tourner, tu vois où je veux en venir, mon beau chéri ?


Je bus une première gorgée de café en aspirant du bout des lèvres le breuvage noir avec prudence. Ce café était décidément très bon. Rien de tel pour reprendre conscience après plusieurs mois de sommeil. Ne manquait qu'un cigare, un short de Partagas par exemple. Tout à mes sensations, encore ailleurs, je répondis distraitement à ma femme.

- Qu'est ce que tu veux dire ? Pénélope, Agammemon ? Les deux ? Une autre menace planétaire?

- Ce n'est pas très clair pour moi, je sens les choses sans vraiment les distinguer avec précision mon beau chéri, mais je t'aime, et ça je le distingue très clairement, alors fais attention à toi, veux-tu et ne fais pas ton malin.

- Moi aussi ma toute belle je t'aime, mais franchement, avec toi, qu'est ce qui pourrait bien m'arriver ?

Elle posa sa main sur la mienne, nos alliances de platine se touchèrent dans un tintement mat, puis me sourit tendrement et glissa : "c'est bien vrai ça, je suis ta gardienne, je suis contente que tu en sois conscient." Elle disparut dans les profondeurs de la maison qui craquait sous la caresse du jour, comme si elle aussi elle se réveillait.


Je laissai mon regard errer sur le jardin qui s'étendait au-delà des panneaux coulissants, le soleil du matin y découpait des formes précises, la tasse de céramique noire chauffait mes paumes, le chat se léchait les pattes au bord de la véranda tout en me coulant d'étranges regards entendus, tout semblait à sa place, organisé, paisible. Je finis mon café, Tania revint, visiblement prête à sortir. Elle portait une magnifique robe en cachemire taupe qui moulait ses hanches rondes. 

- Nous n'aurons donc jamais la paix ?

- Non, je ne pense pas, répondit-elle, en tout cas, toi, de ton côté, tu devrais plus méditer, activer tes chakras et te préparer au combat.

- Mmmh, je me sens plutôt en forme, j'ai de bonnes sensations, mais je crois que je me sentirais plus en sécurité avec un autre tatouage, je ne sais pas, le bras gauche ou le dos, un phénix ou un paysage de montagne, qu'est ce que tu en penses ?

- Pourquoi pas, en tout cas, un phénix, c'est approprié, il me semble, me fit Tania avec son sourire malin. Carver est justement en ville, il vient d'ouvrir un studio avec Shige à Kyoto, tu devrais faire un saut. Bref, je vais devoir filer, c'est bientôt l'heure du culte au temple.

- TON culte...

- MON culte...


Je me levai et fis quelques pas dans la pièce. C'est alors que je vis une cape rouge sombre marquée d'un S poisseux qui traînait dans un coin derrière une pile de livres, roulée en boule, comme jetée avec rage. Je la pris, elle était très lourde, le tissu semblait sale et élimé. On aurait dit qu'il était chargé de poussière, d'une poussière plus lourde que la normale. Alors que je la pliais avec soin pour la poser dans le tokonoma, à côté du vase, je sentis soudain dans mon dos une présence gorgée d'une force très ancienne envahir la pièce, une présence d'une densité inhumaine, surhumaine.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Les chroniques de la meute
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 09:57

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Tous les éléments sont en place pour la suite.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : images - Communauté : photo passion
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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 18:07

Il se tenait assis sur le bord de la longue véranda de bois qui donnait sur le jardin. Il semblait profondément absorbé par l'agencement des rochers, des buissons taillés, de la nappe de sable  méticuleusement ratissée et de la grappe d'étangs. Il tirait pensivement sur une de ses fameuses cigarettes à bandes dorées que Morland de Grovesnor street confectionne spécialement pour lui depuis bientôt septante ans, un mélange de tabac turc et arménien. Sans un mot, il me tendit son briquet en argent de chez S.-T. Dupont laqué rouge, très couleur locale, et il sortit une cigarette d'un étui en acier frappé qui portait la trace de plusieurs impacts de balle.


- Nous sommes donc au Japon, je présume, fis-je en me servant.

- Tu présumes correctement, mon cher, nous sommes donc au Japon, en effet. Kyoto, Higashiyama, au-dessus de Gion. Voilà le théâtre de tes nouvelles aventures. Alors, heureux ? grinça-t-il avec un rictus désabusé.

- Heureux, eh bien, tant de cynisme si tôt le matin. Laisse moi donc allumer cette cigarette en paix. Heureux, oui, bien sûr. Le Japon, c'est mon pays imaginaire, c'est ma terre de retraite intérieure, mon refuge fantasmé.

- Mmh... dans ce cas... tout est pour le mieux je suppose. Au fait, ta femme vient d'ouvrir un bar, une izakaya, qui commence à avoir un joli succès d'ailleurs, beaucoup de geisha de haut vol, pas mal d'espions, intéressant, ça tourne, ça joue, excellent saké aussi, belle sélection de whisky également, des locaux entre autres, ça devrait te plaire. On pourrait faire un saut ce soir.

- Ma femme, fis-je en toussant à cause de l'âcreté du tabac, ma femme a souvent bien plus de ressources que moi. Sans elle... Je préfère ne pas y penser.

- Elles sont fortes, hein ? J'essaie de réduire ma consommation, à mon âge, je dois commencer à me surveiller, en tout cas, c'est ce qu'on m'a dit, alors je suis descendu à 40 par jour, mais c'est dur, c'est dur. D'autant plus que Kal s'y est mis, alors tu vois...

- Ah bon, Big Blue, je le voyais plutôt taï-chi, yoga et petites graines, non ?

- Loin de là, il ne va pas bien, tu sais, une sorte de cancer, il commence à lâcher prise...  Il est suivi par les docteurs D et N, tu sais, les joueurs de tennis, enfin bref. Moi aussi d'ailleurs, je ne sais plus vraiment ce qui me fait encore tenir debout et aller de l'avant... Ce n'est plus très clair dans ma tête, j'ai maintenant plus ou moins 90 ans, il me semble en tout cas, ça dépend des sources, alors tu vois, je fatigue, je cale...


Nous fumâmes en silence quelques minutes, tirant de profondes bouffées sur nos cigarettes. Le soleil nous chauffait doucement le visage, Tania chantonnait dans la maison, et malgré ce que nous venions d'évoquer, une certaine quiétude nous enveloppait. Nous étions bien. Il jeta soudain son mégot dans un des étangs où une énorme carpe jaune et orange le goba aussitôt.

 

- Bref, fit-il en ouvrant son étui, bref, je ne suis pas encore mort. Parlons plutôt de toi, le jeune marié, tiens, ta femme ! Elle a non seulement lancé un bar, mais elle a aussi ouvert un temple, figure-toi, une sorte de croisement, de mélange, de rencontre, assez hasardeuse, si tu veux mon avis, enfin, moi et la religion, une fusion donc entre le bouddhisme et le judaïsme. En tout cas, ça ramène pas mal de yens.

- Comme je le disais, ma femme est pleine de ressources, voire de pouvoirs que je suis loin posséder. Il va falloir que j'y travaille. Bon, ce café ?

- On y va, on y va.


Il jeta sa cigarette à peine fumée d'une pichenaude distraite dans la nappe de sable qui nous faisait face. Un air de tristesse flottait sur son visage dur et calme, barré par cette fameuse cicatrice sur la joue droite. Derrière son regard lourd, je devinais la fantasque Teresa di Vicenzo, si brièvement son épouse. Mon mariage lui rappelait sans doute tout ce à coté de quoi il était passé. Trop d'aventures, trop de désir de liberté. Il avait pourtant volontiers accepté d'être mon témoin, c'était même lui qui s'était occupé des alliances, du platine de la plus grande pureté.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Les chroniques de la meute
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 09:54

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Soleil omniprésent derrière un mince rideau de verdure.

Chemin au bord de ce fameux lac.

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