Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 23:31
Premier commentaire ce soir !

Pour fêter ça, pour trouver un moyen de plus de ne pas dormir et pour jouer avec mon tout nouveau coolpix,

voici un autoportrait (qui, je l'espère ne sera pas jugé trop durement par l'auteur du commentaire jubilaire, mais c'est un clin d'oeil, puisque cette photo est, elle aussi, prise au travers, plus ou moins, d'une vitre, tout comme celle que j'ai commentée un peu plus tôt dans la journée).


Autoportrait 1
Japonaise, Dieu, Superman et moi

Cette image me permet de conjuguer bien des thèmes qui me tiennent à coeur et plus bas..., à savoir, une Japonaise allongée, une église, lieu de mauvaise foi, sans doute vide, mais illuminée, Superman (75 cm, quand même, bien des gosses en rêveraient), les jouets de mon fils, la ville, ses lueurs et moi (dont le nombril ne forme plus qu'un pli, étouffé qu'il est par le surplus, mal venu en cette saison, de focaccia au parmesan et autres aubergines), moi, donc le sujet essentiel, mais le moins visible, flottant sur la vitre de ma chambre.
Comme je le disais, rester con, c'est une question de vigilance, à toute heure.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con
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Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 17:20
Comme la plupart des types de trente ans et fort au-delà qui passent une bonne partie de leur temps à écrire sur eux-mêmes au lieu de s'occuper de leur fils ou de choisir un cinq pièces à la périphérie du centre afin de s'installer avec une femme (de préférence la maman du petit bonhomme mentionné ci-dessus) pour être enfin traité - tu sais, tu devrais vraiment avancer dans ta vie, enfin regarde toi, tu es heureux comme ça? -  comme un adulte responsable par les épouses de leurs potes (sacrée expansion du sujet, les professionnels apprécieront, et qu'on vienne pas me dire que je triche avec les tirets), comme, donc tous ces cons là, j'ai de nombreux défauts.

L'un d'entre eux consiste à me prendre de passion de façon brutalement momentanée et intempestive pour des activités vers lesquelles mon talent naturel ne me pousse pas, mais alors vraiment pas du tout.

J'ai dit, la peinture.
Et attention : de l'acrylique sur toile et tout le tremblement (non, pas l'huile, j'ai tout de même un fond de bon sens).

Mes amis, pour la plupart, ont beaucoup ri, les autres sont restés sur une réserve de bon aloi, prudente, quelques uns s'étant même risqués à des commentaires, pas systématiquement négatifs.
- Ca c'est pas mal, tu devrais plutôt aller dans cette direction. Au fait, pourquoi l'abstrait ?
- Je sais pas dessiner.
- Ah, ok. En tout cas, j'aime bien celui-là.

J'ai donc certains très bons amis.
Mes parents aiment beaucoup, mais ça ne compte pas, je suis fils unique.

Voici donc (tout en bas, en fait) :

Dieu ? x
... la brèche

acrylique sur toile (n. 35), 70 x 100 cm
février 2008

Ceux qui ont lu un des articles précédents vont se dire que suis mystique et que pour un connard immoral et égocentrique dans mon genre, je pousse l'hostie un peu profond avec mes histoires de d / dieu / x (xx).
Ils auront raison, je ne leur jetterai pas la pierre.
En effet, je ne me voile pas la face, je suis un grand mystique qui aime se faire croire qu'il s'ignore, d'ailleurs, ces temps ci, je crois en Superman (preuve à l'appui avec une photo à venir, mais à chaque jour suffit son déchet artistique).

Ceci mis à part, techniquement parlant, je ne me rendais pas compte à quel point il fallait être méticuleux pour prendre des photos de tableau sans le matériel adéquat (pied, éclairage approprié), résultat, cette image est sans doute résolument foireuse et ne rend pas compte de mon génie sous-jacent / turgescent (à choix).

En plus, j'ai acheté l'appareil exprès pour créer mon petit catalogue personnel après des mois d'hésitations, de tergiversations, de tâtonnements subtils, ne voulant pas trop dépenser (pour ceux qui ont lu le premier article, j'essaie de toutes mes forces de me contrôler financièrement parlant, sans résultat manifeste jusque là) et puis finalement, j'ai craqué pour un nikon coolpix s600 28-112 mm, c'est-à-dire un grand angle, j'ai l'impression d'être Kubrick...
En fait, j'achète souvent comme j'éjacule, de façon inopportune.
Mais cette fois, j'ai une deuxième bonne raison : des chaussures à vendre sur ebay et pas des zara, faites moi confiance !

Bref, d'ici la véritable rentrée scolaire, je vais être extrêmement occupé et je sens avec de plus en plus de précision que le test interne de français sur le conte que je dois préparer sera bâclé, voire torché (quelqu'un ne doit pas lire ça)  à une vitesse supérieure à la normale vers, disons, fin septembre.
Bref, comme je le disais, restons con.







Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con
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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /Août /2008 17:41
Le petit jour est levé depuis bien des heures,
tituber au bord du lit,
écarquiller le regard,
vaciller,
pas encore sûr de son pied, jusqu'à la cuisine,
préparer le café, allumer le portable,
écarter les livres qui traînent sur la table, la possibilité d'une île, l'égoïste romantique, du côté de chez Swann, la métapsychologie, l'abrégé de psychanalyse et, alors que je dégouline sur une chaise, c'est, soyons honnête, le dernier numéro de GQ que j'ouvre mollement,
tournant les pages avec une conviction désinvolte,
survolant d'un oeil encore moite de fatigue une jeune fesse rebondie, une énième photo de Steve McQueen, un schéma fléché pour nouer le windsor properly,
attendant que le café soit prêt et chasse dans un hurlement les dernières bribes de sommeil qui m'empêchent de choisir une lecture plus, plus quoi au juste ?

Appropriée ? A quoi ?
Elevée ? Pour qui ?

C'est un peu con de finir une si longue phrase en queue de morue, abruptement, comme ça, sèchement, par une question qu'on ne sentait pas venir. D'autant plus qu'elle me semblait tenir, cette phrase (même si je l'ai un peu découpée pour faire poétique), mais voilà, en quoi GQ pose-t-il problème ?

Non, ce joli petit cul sur papier glacé me semble parfaitement approprié.

Pourquoi s'infliger Proust à un moment où je ne suis physiquement pas prêt à accomplir ce que je considère comme une mission d'étudiant en lettres qui aurait dû être accomplie il y a 10 ans au maximum ?
A présent un apostolat dont je ne serai libéré qu'une fois la lecture de Toute la recherche achevée ( 3 volumes de la pléiade, plus de 3100 pages de papier bible, écrit, il faut le reconnaître, petit) et lorsque je l'aurai annoncé, sourire modeste aux lèvres, sans doute accoudé de façon cavalière contre la machine à café, à la collègue, magnifique, intellectuellement plus que brillante, mariée..., qui m'a inspiré le sus-mentionné sacerdoce.
Je ne sais pas ce que ces métaphores religieuses essaient de me dire, mais ce n'est sûrement pas bon signe.
J'habite d'ailleurs à côté d'une église, le cabinet de mon psychanalyste est en face de la cathédrale, je suis cerné de mauvaise foi.

Donc, Non, c'est dimanche matin, GQ est idéal et puis il faut absolument que je sache quel genre de t-shirt convient à un type appartenant à ma couche socio-culturelle (pp.58, 65), c'est parfait.

Le café est prêt, que pourrais-je demander d'autre (sinon un meilleur café) ?
Ah oui, que mon blog passe au niveau 2, voire 3.
Mon premier commentaire.
Retrouver la première place sur google (je viens de découvrir que je suis repoussé au quatrième rang par un dentiste de Belfort. Exit mon mémoire de licence, mon marathon, ma petite recherche de merde sur l'orthographe, ...)
Bref, toute une série de préoccupations capitales que la lecture de GQ aidera à conforter. Après, pompes, abdos, maintenir le rythme, quoi, garder la forme, rester con.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con
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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /Août /2008 08:00
Chaque soir, le même scénario se met en place malgré moi. Je cherche le sommeil, je veux le sommeil.
Comme dirait mon fils . "Sommeil, où es-tu ?"
J'en ai besoin : depuis que j'ai recommencé à travailler, je me lève à 6 heures et je dois prendre du repos si je veux pouvoir donner mes cours sereinement, même si les élèves sont peu nombreux.


Je cherche donc le sommeil, je le veux, mais je mets tout en place pour qu'il ne vienne pas, pour qu'il reste sur le seuil de ma chambre, ou même à la cuisine, moqueur, feuilletant un magazine ostensiblement, faisant claquer ses pages de papier glacé, sifflotant parfois, se servant même un café avec bruit.
Je me contrecarre. J'ai trop reculé l'heure du coucher, je n'ai pas accepté de renoncer à mes activités et je suis traversé par une agitation malvenue. Ca pique sous mon crâne.

Malgré tout, je m'allonge et j'attends, alignant avec précaution mon corps dans la diagonale du lit pour le calfeutrer dans la position correcte : sur le ventre, le bras gauche replié sous la tête, un coussin roulé en boule contre le flanc et le duvet posé sur les mollets. Voilà la position exacte, celle qui me permet de passer sous la surface et de plonger dans la région bleue.
Mais très vite, la chaleur jette son drap moite sur mon dos, je me sens lourd, mon estomac est trop rempli. Je me déplace alors sur le côté, il est déjà trop tard.
Avec des gestes lents, mesurés, comme pour me faire croire que je suis au bord du sommeil, j'enclenche mon vieux ventilateur pour rafraîchir l'air marécageux de ma chambre et je me rallonge sur le dos.

Mes yeux sont écarquillés.
Les pales d'acier tapent par intermittence contre leur cage de métal produisant un tac-tac-tac irrégulier qui plante de petits clous sur le pourtour de mon crâne et dessous.

Je ne dors pas.

Reste la solution sans issue. A la cuisine, je le croise, il a fini mes magazines. Maintenant, il lit le dernier Houellebecq, tranquillement allongé sur le banc en tek, les pieds sur la table.
- Me raconte pas la fin.
- Toi, va te coucher.
Il ricane, content.
- Connard, passe-moi la crème et les oeufs.

La solution sans issue, c'est le cocktail good nigth :
Deux stilnox, voire trois,
Deux imovane,
Certains soirs (il faut y aller mollo, les pharmaciens ont les pires réticences à vendre ce médicament, même sur ordonnance, tant sa réputation est mauvaise. Ce sont des cons, moi, je l'aime bien. Son petit goût granuleux et gris au petit matin après trois heures de sommeil, il me faut bien 4 à 5 cafés pour le faire passer, après je flotte toute la matinée. Pas désagréable en fin de compte).
Bref, certains soirs donc : un dormicum et demi
Broyer le tout, épaissir avec 2 dl de crème mi-écrémée (la ligne, la ligne, la ligne, c'est l'été !), un oeuf pour lier et 4 à 8 dl, selon l'humeur, de whisky pour diluer...
C'est mon cocktail good nigth.

Là, il me regarde avec un sale oeil, il sait que ça va être serré.

En ce qui me concerne, tout est en place, la scène est prête pour que le spectacle de mon non-sommeil commence !

Je me remets au lit de façon méticuleuse, presque rituelle, je lis un peu, mais ça s'agace sous mon crâne, le débit des pensées s'emballe, d'incroyables connections s'établissent comme si les liens entre mes synapses se multipliaient, malgré la dose respectable de pilules bleues et blanches.

Je m'énerve, je me tourne, me retourne, je m'agite, je prends des positions inhabituelles, je ne parviens plus à trouver celle qui me convient, je tressaute tel un saumon remontant le cours de la nuit, les plis du drap me dérangent, m'irritent, je rejette avec rage le duvet à présent collant de sueur, il retombe sur les jouets de mon fils : une tour de cubes s'effondre, c'est le fracas.
Lui, il casse une lampe dans le couloir, au matin, je trouverai mille morceaux de verre comme des petits pièges disposés sur le chemin qui mène à la sortie.

Il est plus d'une heure.
Je ne dors pas.
Retour à la case lecture, l'égoïste romantique et je continue à empiler les pages. Si je titube sur les phrases, j'avance quand même très vite.
C'est ce que j'appelle un livre d'ambiance, rien de bien sérieux, mais des petites choses à attraper par endroits. Quand je rentre chez Beigbeder, je sais ce que je vais trouver, de l'auto-fiction contemporaine, de la littérature légère, pétillante, rassurante au fond. On est pas obligé de se faire tout le temps du mal avec des livres sans photo sur la couverture.

Parfois vers trois heures, malgré, il faut bien le reconnaître, une certaine accoutumance, le cocktail commence à envoyer un son sourd le long de mes veines, rendant mon sang lourd et épais, mes gestes gourds m'amènent, ce chemin est toujours si long, au bord d'un état de flottement où chacun de mes mouvements se fait dans de la mousse.
Je suis dans la zone étrange
où mon immense gommier murmure des mots d'apaisement (ses feuilles grasses se penchent sur mon visage las),
où mon masque, un fang du Gabon, me parle en secret et me dit que ce n'est pas grave,
où mon cobra vietnamien me susurre qu'il est temps de lâcher prise.

Alors enfin quelque chose tombe en moi, mais il est si tard.

Au matin, la fatigue s'accumulera à la fatigue, mes yeux s'enfonceront un peu plus dans mon visage.
Toute la journée j'attendrai le soir.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /Août /2008 21:18
En fin de compte, que va-t-il rester de moi ?

600 francs par mois, un peu plus de 20'000 francs.

Voilà le prix d'une liberté dont je ne sais quoi faire, une liberté qui m'embarrasse, une liberté stérile.

Je me voulais écrivain, séducteur, voyageur, mais je me suis perdu sur la route de ses 4 ans.

Lui

Toi

Mon petit gars

En fin de conte, que va-t-il rester de nous ?


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con
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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /Août /2008 17:25
Je vis dans la honte, une honte lourde, poisseuse, sournoise aussi, qui s'appuie sur ma nuque que je ne parviens pas à garder droite et peu à peu, je me plie. Mon visage s'approche du sol, un sol sale, jonché de papiers, de crottes plus ou moins sèches et de journaux lus à la va-vite.

Lorsque je serai face contre terre, passerai-je de l'autre côté, sous la surface ? Ou alors, dans une sorte d'explosion mouillée, je me répandrai, ne laissant que ma peau blanche et vide comme un petit paquet sale au coin du bassin qui perce la place en bas de chez moi ?

Le bassin joue son rôle.
La place également, j'y reviendrai.

Je vis dans la honte, car je fuis. Je fuis la seule chose vraiment importante dans une vie, ce qui articule sans doute tout le reste. Je fuis mon fils, mon petit garçon, mon bonhomme qui a bientôt 4 ans.

Je ne vis pas avec lui.
Je l'aime, oui je t'aime. Je suis fier de toi, je te trouve gentil, drôle et magnifique. Oui je t'aime. Je l'aime.
Je ne vis pas avec lui.
(Trois "je" de suite, voilà une anaphore claire quant au sujet central de préoccupation de l'auteur de ces lignes : moi, moi, moi. Jusqu'à que je me vomisse ?)

Je viens de réserver un grand château gonflable pour son anniversaire. Pour la première fois, ce sera chez moi.
Cette grande structure bleue et rouge pleine de vent qui va remplir tout mon salon reflète assez bien ce que je vis.
L'immense bonheur d'être père.
La sourde tristesse d'être fautif, coupable, défectueux exactement dans le même mouvement.

Ce fort de plastique occupe tout l'espace disponible, mais il est creux dedans.

Papa n'est pas là.
Il faudra un jour lui expliquer que j'ai choisi de ne pas être avec lui.
Le soir pour lui lire une histoire, je ne suis pas là. La nuit pour chasser ses cauchemars, je ne suis pas là. Le matin pour lui préparer son petit-déjeuner, je ne suis pas là.
Maman est là, toute seule.
Elle attend que papa vienne, elle attend que papa se décide.

Papa vous aime tous les deux, mais pas assez pour rester et renoncer à ses passe-temps ineptes : chaussures, cigares, lectures, séries, indolents rêves d'écriture... En tout cas, dépenser tout son argent avec le plus grand soin, voilà ce qu'il fait.

Papa dit qu'il manque d'amour pour maman. Papa dit qu'il ne se sent pas assez réalisé pour s'occuper d'un enfant, même si c'est le sien, même s'il l'a fait.
Peut-on être papa à 20, 25 % ?
Pourtant papa a bientôt 34 ans. Alors, quand sera-t-il prêt à faire ce qu'il doit et ce qu'une grande partie de lui veut, tout fond, sous cette couche de vernis brillant de loin, mais couverte de craquelures à y regarder de plus près ?

La question de l'amour a-t-elle du sens quand la question de l'éducation d'un enfant est en jeu ?

Un homme qui fait froidement le choix de ne pas être là est-il encore un homme ? Suis-je un homme ?


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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