Petite fille cornue seule sur un cube qui émerge d'un mur
Berlin 36
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Petite fille cornue seule sur un cube qui émerge d'un mur
Berlin 36
" Autour de nous, dans l'atmosphère épaisse et musquée qu'entretenait une panne de climatiseur - ça devenait une épidémie -, les clients étaient vautrés sur des banquettes de velours cramoisi dont les galons dorés étaient ornés de glands et le dossier couvert d'autocollants aux slogans d'inspiration nihiliste ou parfaitement obscènes. Ceux qui restaient debout se frôlaient en passant ou se regardaient sous le nez avec insolence. De temps en temps, une main courait sur une cuisse, un travelo riait à gorge déployée ou balançait une beigne à tout hasard. Tout le monde se demandait où aller, quoi inventer pour réussir la soirée, quoi faire pour oublier la triste banalité du jour."
Philippe Djian, Ça, c'est un baiser, Éditions Gallimard, 2002
Ciel nocturne et phares qui filent dans la nuit, Nollendorfplatz
Berlin 35
"(...) au-dehors, malgré nos efforts acharnés pour massacrer le monde, le rendre invivable, le rendre odieux, le recouvrir de notre crasse, de notre bêtise, de nos sentiments haineux, malgré tous nos maudits efforts pour le salir et l'enterrer sous nos bombes, malgré tout ça, au-dehors, s'étalait un ciel magnifique, d'une beauté absolue, (...)"
Philippe Djian, Ça, c'est un baiser, Éditions Gallimard, 2002
Ces richesses qui nous enchaînent, sont-elles vraiment des richesses ?
Murs le long de la Spree
Berlin 34
"L'argent allait tous nous rendre fous. Les guerres, les catastrophes naturelles, les épidémies, la pollution en éliminaient le plus grand nombre. L'argent faisait le reste. Rares étaient ceux qui pouvaient lui résister. Des pays entiers baissaient leurs culottes comme un seul homme."
Philippe Djian, Vers chez les Blancs, Editions Gallimard, 2000
Soleil matinal, l'Eglise de la Rédemption en contre-jour.
Berlin 33
"Celui qui voyage peu chargé n'arrive pas fourbu. Celui qui ne se nourrit pas d'espoirs ne meurt pas d'inanition."
Philippe Djian, Incidences, Editions Gallimard, 2010, ahahahah
sculpture devant l'église de la Rédemption
Berlin 32
"Chacun a au fond de la conscience un noyau dont il ignore le contenu. Dans mon cas à moi, il s'agit d'une ville. Dans cette ville coule une rivière, et elle est encerclée par d'épaisses murailles de briques. Les habitants de cette ville ne peuvent pas en sortir. Les seules qui peuvent en sortir, ce sont les licornes. Elles aspirent en elles l'ego et la personnalité des habitants et vont les rejeter à l'extérieur des murs. C'est pourquoi personne n'a d'ego ni de personnalité dans cette ville. Et moi, je vis dans cette ville. Voilà l'histoire. Je n'en sais pas plus puisque je ne l'ai jamais vraiment vue de mes yeux."
Haruki Murakami, la Fin des Temps, Editions du Seuil, 1992
Lueur entre les stèles
Mémorial de l'holocauste
Berlin 31
"Voilà que ce fou de Dieu frappe à ma porte, l'oeil exalté et la queue toute propre, et me demande s'il m'arrive de penser à Dieu. Moi, je lui dis que j'ai tué Dieu. Que je l'ai traqué comme un chien, que je lui tranché les jambes au taille-haie, que je l'ai violé avec un épi de maïs avant de brûler son cadavre à l'acide."
Spider Jérusalem dans : le come-back du siècle, Warren Ellis et Darick Robertson, DC comics/Panini comics, 1998
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