Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /Août /2008 13:53
Il peut m'arriver d'être assez sombre et de m'exprimer sur des sujets peu réjouissants d'une façon ironique, méchante et peut-être tout simplement bête.
Il est vrai qu'un lieu commun assez répandu veut que raconter le bonheur ou des choses heureuses n'est pas intéressant, voire niais.
Je crois surtout que c'est tout simplement difficile de raconter ce qui va bien, ce qui gonfle légèrement la poitrine dans un élan pur et modeste.
Je crois que j'ai adopté la posture froide et facile du commentateur acerbe, aigre, pas forcément pertinent, et, reconnaissons-le, sans doute frustré, qui consiste à dénigrer toutes les situations qui tombent sur son clavier couvert de traces d'émanations organiques variées, toutes plus ou moins répugnantes.

Toutefois, une image flotte derrière mon regard, entièrement pure, neuve et ancienne à la fois.
Je ne sais pas si c'est un rêve, une effluve de mon imagination esseulée ou le souvenir d'une vie antérieure, mais je vois cette magnifique jeune femme vêtue de blanc au bout d'un couloir sombre et bruyant. Ses cheveux bruns et dorés encadrent son visage avec un beaucoup de douceur.
Elle est grande et calme.
Elle m'attend, visiblement confiante, dans une zone de lumière vive, solaire alors que j'avance vers elle d'un pas serein.
Je m'arrête un instant pour mieux la regarder. Sa silhouette encore un peu lointaine m'inspire un respect timide, une émotion tendre et l'amorce d'un désir que je considère encore avec une certaine curiosité.
Il y a cette légère vibration, ce bourdonnement magnifique dans l'atmosphère qui annonce  comme une petite musique, une rencontre lumineuse et heureuse.

Je regarde alors en arrière pour être sûr que rien ne me retient, que je peux continuer à avancer vers cette jeune femme qui m'attend et c'est alors que je vois un petit garçon qui joue tout seul devant une affiche publicitaire pour une agence immobilière.
Il s'amuse avec une tristesse nonchalante à plier et déplier la grue d'un petit camion bleu. Une autre femme est là, derrière lui, la main posée sur sa tête. Elle se trouve à un endroit très précis et n'en bouge pas. Elle est vraiment dans une position exacte, juste, nette, indubitable.
J'hésite alors à aller plus loin et je reste dans couloir sombre et bruyant, vacillant et confus, brutalement étranglé, où que je regarde, par les remords et les doutes.

Une puissante lumière nimbe les deux côtés du couloir, mais elle n'a pas la même tonalité. En face de moi, elle est blanche et très lumineuse.
Derrière moi, elle est plus profonde, traversée de nuances complexes, orangées, trouble parfois, animée de forces contradictoires par endroits.
Tout est proche de moi, mais je dois faire un pas dans une direction ou dans une autre si je veux aller plus loin.

Rester con, c'est aussi être irrésolu dans des couloirs souterrains alors que la lumière nous attend  de tous les côtés.

Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con
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