Samedi 6 septembre 2008
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10:51
Le réveil a été particulièrement difficile. Une fois levé, j'ai momentanément dû renoncer à trouver la porte de ma chambre et pisser d'urgence
dans mon gommier qui prend désormais une telle place que je dois écarter plusieurs branches pour approcher du pot et pouvoir poser mon gland couvert d'étonnantes taches noirâtres dans la terre
humide.
Egaré quelques instants par la puissance du bouillonnement produit par mon jet contre le tronc de ce que dois maintenant me résoudre à appeler
un arbre, et non plus une plante d'appartement, je titube doucement, rêveur, puis, je m'arrache soudain à cette contemplation maniaque et narcissique pour réaliser que plusieurs sujets
d'étonnement s'offrent à moi d'un seul coup, assez brutalement.
Par écrit, mais qui s'en plaindra, il est impossible de rendre conte (certains petits soucis d'ordre financier me rendent soudain
disorthographique, mais bon, profitons en toute liberté du français et de ses chemins de traverse), il est impossible de rendre conte donc, à moins d'être illisible et de jouir d'un traitement de
texte plus élaboré que le mien, il est impossible de rendre conte donc de l'apparition simultanée de thèmes de réflexion matinaux inopinés. Je ne m'attarderai pas sur le fait que j'aurais préféré
garder la tête vide encore un bon moment et je mettrai enfin par écrit ce qui force mes neurones, ou du moins ce qu'il en reste, à établir des connexions.
La quantité d'alcool ingérée hier soir a été absolument colossale, je n'avais tout simplement jamais bu autant, même au Japon. Je pisse à
présent depuis deux minutes trente minimum et la pression est toujours bonne.
La couleur de ma bite (les traces noires, ce n'est pas de la merde, ce qui étrangement, m'aurait pourtant rassuré).
Une voix féminine dit : "Hallo, gut geschlafen ? Willst du ein Kaffe?"
Toutes ces informations, ces considérations pratiques, le souci de devoir formuler une phrase en allemand, tout cela en même temps, après
trois petites heures de sommeil, c'est vraiment beaucoup trop.
Un spasme incontrôlable secoue mon épaule droite et désaxe soudain tout mon corps. Découragé, je n'ai pas la force de ramener mon jet d'urine à l'intérieur du pot et je finis de pisser sur mon
pied droit avec, je le souhaite sincèrement, une sorte d'élégance naturelle et décalée.
Rester con, c'est boire suffisamment pour avoir ce genre de surprise au petit matin.
Par Solal Aronowicz
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Publié dans : journal d'un con
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