Dimanche 11 janvier 2009
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08:00
Je glissai un regard en biais à Carver qui s'affaissait de plus en plus sur son clavier.
- Alors, ça avance ?
- Tais-toi, t'es con ou quoi ? Quand elle est là, je peux rien faire, je peux pas réfléchir, mes doigts sont gourds
d'amour et d'angoisse.
- Ooooh, "gourds d'amour et d'angoisse"... c'est joliment trouvé. En tout cas, la présence de notre charmante collègue
élève ton niveau de langage.
Carver me coula un oeil lourd et moite de reproches.
- Ouais, ça compense le fait que je sois trop vieux, trop gros et trop marié.
- Sois po-si-tif : tu es un homme d'expérience à la carrure puissante qui sait faire preuve
d'engagement.
- ... Tu te fous de ma gueule ?
- ... Non, je t'encourage pour que tu ailles au bout de tes résolutions. Tu te souviens : une confiance énorme etc.
- ...
- ... Bon, tu veux un café ?
- Volontiers.
- Alors file-moi ton passe, le mien est vide.
Par Solal Aronowicz
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Publié dans : journal d'un con
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Rien à redire sur les compliments dont tu te tresses une couronne, il est désormais très clair que la puissance est de ton côté, voire le sublime, oui, ainsi que le rapport de masse...
De plus, il est évident également que le "gourds d'amour et d'angoisse" est de la pure fiction, mais voilà, c'est un blog littéraire, il faut tenir un certain standing.
Maintenant, je crois que tu as compris que les questions, au demeurant assez triviales, de poids ou de taille, ne rentrent pas en ligne de compte pour un personnage tel que Solal, et que même s'il ne pèse pas lourd, en particulier face à un telle montagne, lorsqu'il prête son passe (ce qui, à lire le texte de près, n'est pas forcément le cas), c'est qu'il tient vraiment à apporter du réconfort à un grand costaud tout fragile dedans lorsqu'il voit une belle amazone lui tourner les talons.
Solal est con, mais solidaire.