Vendredi 4 septembre 2009
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07:00
Je me réveillai en sursaut, trempé de sueur, à moitié étouffé par une longue branche du gommier enroulée autour de mon
cou. Les mains crispées autour du membre végétal, râlant dans le petit matin sanglant qui illuminait mon loft de friedrichhain, je réalisai tout en me tordant au milieu de mes draps de
satin, que cette saloperie de plante carnivore m'avait suivi jusqu'à Berlin.
Plus gigantesque que jamais, elle se tenait au bord de mon lit king size en cèdre du Liban, ses frondaisons frôlant le plafond qui culmine pourtant à plus de quatre mètres. Ses branches, longues,
souples, épaisses, poisseuses d'une sève collante et blanchâtre, s'agitaient mollement comme autant de tentacules immenses autour de moi tout en émettant un étrange sifflement à la fois rauque et
aigu.
Alors que je passais lentement, douloureusement, mais inexorablement de sommeil à trépas, je distinguai soudain derrière ce démon végétal la silhouette trop connue de celle qui était devenue une
statue de sel. A l'instar des pires ennemis de James Bond, cette salope commettait une dernière erreur qui compromettait tout son plan vicieux et sans doute échafaudé de longue date : se montrer
tandis que j'agonisais sous ses yeux ternes et morts.
Cette vision ne pouvait être celle que j'emporterais aux côtés de Bouddha, le grand Illuminé qui nous montre la Voie à tous. Bandant tous mes muscles, raclant au fond de mes reins jusqu'à la
dernière parcelle de force, je m'arquai contre mon lit pour résister aux branches qui serpentaient désormais sur mon corps encore moite de cette chaude nuit d'été, un audacieux rameau pointant
même en direction de mon anus.
Peu à peu, avec une vibration profonde et sourde, je sentis comme une boule d'énergie rouge pure , très dense, monter en moi depuis mon hara...
Par Solal Aronowicz
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Publié dans : journal d'un con
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