Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 10:50

Mais par quel bout se prendre, le prendre ?

Je, il, où se situer, comment se positionner par rapport à moi, à lui, alors que le soleil, neuf, puissant, rougeoyant, et radioactif, c'est hélas désormais le cas, se lève sur cette immense terrasse au beau milieu d'une des villes les plus polluées au monde ? Tokyo. La capitale de l'est, la mégapole en sursis. Edo, théâtre, à la fois kabuki, Nô et d'ombres, bien sûr, surtout, de la vie nouvelle et féconde d'un personnage perpétuellement sur le fil du rasoir (manche en écaille, lame damassée, Alfred Dunhill, un objet unique...): Solal Aronowicz. Personnage dont on ne sait, à ce stade, plus vraiment comment le con-juguer, à la première ou à la troisième personne... Va-t-il falloir se résoudre à l'apostropher, à lui dire "tu" ? Va-t-il falloir le faire taire pour de bon ?

En attendant de déterminer ce point à la fois crucial et pédant d'expression française, le soleil grimpe encore un peu le long du ciel dur et mat de la capitale japonaise et les premiers spectateurs du combat de ce jour arrivent, gueules défraîchies et ravinées par une nuit dont ils ne se souviennent sans doute pas vraiment. Cocktails hasardeux et tièdes à la main, ils s'affaissent mollement, vidés de toute énergie, dans de profonds transats de tek pour assister à la curée matinale qui va opposer notre héros aux blessures nombreuses, mais aux vies multiples (il n'est pas immortel pour autant, attention), et le dernier séide de l'entité difforme, malfaisante et ô combien nauséabonde née de l'inévitable agglomération entre Pénélope, la chienne maudite, et d'autres femmes aigries, immondes, rendues haineuses par une existence terne, plate et, en fin de compte, complètement, absolument stérile. Il s'agit bien évidemment de cette sous-directrice d'un institut spécialisé, l'araignée putride et de deux espèces de psychanalystes demeurées et hommasses, freudiennes bornées sans imagination, sans déontologie, les blattes teigneuses. Il va sans dire, c'est une évidence, que toutes ces femmes sont folles de désir pour Solal et qu'elles auraient tué pour avoir l'incroyable privilège de passer une soirée avec lui au Watergate de Berlin (dont Solal et Tania sont les heureux propriétaires, personne ne l'aura oublié).

Et donc, cette répugnante masse de chair avariée et d'émotions poisseuses flotte au-dessus de la piscine qui brille d'un bleu froid, dur, éjaculant des interjections lapidaires en allemand, émettant une sorte de vibration sourde qui met rapidement tout le monde mal à l'aise. Une ou deux jeunes femmes vomissent sans trop de retenue, il est encore tôt, derrière un paravent de papier fin ou dans le bac d'un cerisier nain, alors qu'une petite équipe de jeunes types aux faciès pourtant brutaux file en vitesse, l'oeil hagard, la gerbe aux dents. 

- Tu es prêt, ça va aller ?

- Ouais, ouais, ça va, je me sens bien, je peux le faire, je pense que je peux le faire, ça va aller.

- Tu es sûr ? Tu n'as pas l'air au top, tu sais, je m'excuse de te dire ça, mais tu n'as pas l'air au sommet de ta forme. Tu le sais, non, je ne t'apprends rien, non ? Ecoute, tu veux quelque chose, un cigare, un whisky, les deux ?

- ... Oui, écoute, c'est gentil, les deux, je veux bien les deux, merci. Un petit short de partagas et un trois doigts de nikka, hein, vraiment, ça me ferait plaisir, ça me mettrait en jambes, tu vois. Tu crois que tu peux me trouver ça ?

Rester con, c'est se battre, encore et toujours, sans la préparation physique adéquate.


Par Solal Aronowicz - Publié dans : journal d'un con - Communauté : Les chroniques de la meute
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Commentaires

J’en ai les cheveux raide tellement cet écrit est percutant ! Dur, et très fort ; je sens un monde…spécial quand même dans ce journal. C’est très bien écrit, et je ne trouve pas ou se trouve le con ! Au plaisir de vous lire
Lucy
Commentaire n°1 posté par Lucy le 25/08/2011 à 20h56

Je vous remercie pour votre commentaire, c'est très gentil et ça me fait très plaisir. Vous verrez, Solal est quand même un peu con, du moins, c'est mon point de vue. En vous remerciant pour votre lecture, à bientôt.

Réponse de Solal Aronowicz le 25/08/2011 à 22h59
Retrouver Solal c'est comme ne l'avoir jamais quitté... égal à lui même les cicatrices encore fraiches...
Commentaire n°2 posté par la lectrice le 30/08/2011 à 23h06

Il y a toujours une cicatrice fraîche, bien coulante quelque part...

Quelle lectrice fidèle ! Comment va le petit Solal ?

Réponse de Solal Aronowicz le 02/09/2011 à 22h32
fidèle , même si absente pendant de longue périodes... mais je ne suis pas la seule me semble t-il...!!! le petit solal grandit, et devient de plus en plus beau... acceptez moi sur facebook parmis vos nombreuses admiratrices vous le retrouverez en photo :)
Commentaire n°3 posté par la lectrice le 02/09/2011 à 23h11

Facebook ? Pourquoi pas ! Je ne suis pas si convaincu que les admiratrices de Solal soient si nombreuses, mais à tout bientôt ! J'attends donc.

Réponse de Solal Aronowicz le 03/09/2011 à 08h51
à moins que l'on ai volé votre identité (ça arrive ^^) il me semble pourtant que 700 amis cela commence à faire beaucoup :)... ou peut être n'ai je pas fait une demande à la bonne personne https://www.facebook.com/profile.php?id=100000980054413
Commentaire n°4 posté par la lectrice le 03/09/2011 à 10h44

Ah oui, j'avais oublié celui-là, le profil de Solal..

Réponse de Solal Aronowicz le 03/02/2012 à 10h43
qu'importe... il semble que Solal soit aussi peu présent la-bas qu'ici... et c'est surement un bon signe, celui que la vie est ailleurs
Commentaire n°5 posté par La lectrice le 04/02/2012 à 09h44

C'est vrai, la vie est ailleurs, là, ici !

Réponse de Solal Aronowicz le 13/03/2012 à 21h40

le profil d'un con

  • Solal Aronowicz
  • Le blog de Solal Aronowicz
  • Homme
  • photographe marié!!! père whisky fumeur
  • Je tiens le coup, j'aime, je résiste, une nouvelle vie, une croix (la seule que je tolère) sur l'ancienne, le départ, enfin, Tania, nous deux, et puis fumer, boire et écrire encore et encore, se battre toujours un peu quand même.

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