Mercredi 14 juillet 2010
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"Le Zen considère que nous sommes trop esclaves des mots et de la logique. Tant que nous restons ainsi
enchaînés nous sommes malheureux et souffrons indiciblement. Mais si nous voulons voir ce qui est vraiment digne d'être connu et nous conduirait au bonheur spirituel, nous devons
nous efforcer de nous libérer une fois pour toutes de tout conditionnement. Nous devons essayer d'acquérir un nouveau point de vue d'où tout le monde pourra être observé dans son
intégralité, et la vie saisie de l'intérieur."
D. T. Suzuki, introduction au bouddhisme Zen, Buchet/Chastel, 1978
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 7 juillet 2010
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"Patrick observait les visages des processionnaires. Pour la plupart, ils étaient horribles à voir. On y lisait l'avidité
matérielle, une forme répugnante de contentement de soi mais surtout la tension douloureuse d'un manque fondamental. Le système globalien creusait chez ceux qui lui étaient livrés un trou béant :
celui d'un permanent désir, d'une insatisfaction abyssale, capable d'engouffrer, sans être jamais comblé, toutes les productions que la machine commerciale pouvait proposer. Ce qui restait dans
ces regards c'était le pur vestige, à un haut degré de concentration, d'une barbarie domestiquée, rendue inoffensive par sa soumission à l'ordre marchand."
Jean-Christophe Rufin, Globalia, Editions Gallimard, 2004
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 30 juin 2010
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07:00
" Autour de nous, dans l'atmosphère épaisse et musquée qu'entretenait une panne de climatiseur - ça devenait une épidémie
-, les clients étaient vautrés sur des banquettes de velours cramoisi dont les galons dorés étaient ornés de glands et le dossier couvert d'autocollants aux slogans d'inspiration nihiliste ou
parfaitement obscènes. Ceux qui restaient debout se frôlaient en passant ou se regardaient sous le nez avec insolence. De temps en temps, une main courait sur une cuisse, un travelo riait à gorge
déployée ou balançait une beigne à tout hasard. Tout le monde se demandait où aller, quoi inventer pour réussir la soirée, quoi faire pour oublier la triste banalité du jour."
Philippe Djian, Ça, c'est un baiser, Éditions Gallimard, 2002
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 23 juin 2010
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07:00
"(...) au-dehors, malgré nos efforts acharnés pour massacrer le monde, le rendre invivable, le rendre odieux, le
recouvrir de notre crasse, de notre bêtise, de nos sentiments haineux, malgré tous nos maudits efforts pour le salir et l'enterrer sous nos bombes, malgré tout ça, au-dehors, s'étalait un ciel
magnifique, d'une beauté absolue, (...)"
Philippe Djian, Ça, c'est un baiser, Éditions Gallimard, 2002
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 16 juin 2010
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"L'argent allait tous nous rendre fous. Les guerres, les catastrophes naturelles, les épidémies, la pollution en
éliminaient le plus grand nombre. L'argent faisait le reste. Rares étaient ceux qui pouvaient lui résister. Des pays entiers baissaient leurs culottes comme un seul homme."
Philippe Djian, Vers chez les Blancs, Editions Gallimard, 2000
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 9 juin 2010
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"Celui qui voyage peu chargé n'arrive pas fourbu. Celui qui ne se nourrit pas d'espoirs ne meurt pas
d'inanition."
Philippe Djian, Incidences, Editions Gallimard, 2010, ahahahah
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 2 juin 2010
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07:00
"Chacun a au fond de la conscience un noyau dont il ignore le contenu. Dans mon cas à moi, il s'agit d'une ville. Dans
cette ville coule une rivière, et elle est encerclée par d'épaisses murailles de briques. Les habitants de cette ville ne peuvent pas en sortir. Les seules qui peuvent en sortir, ce sont
les licornes. Elles aspirent en elles l'ego et la personnalité des habitants et vont les rejeter à l'extérieur des murs. C'est pourquoi personne n'a d'ego ni de personnalité dans cette ville. Et
moi, je vis dans cette ville. Voilà l'histoire. Je n'en sais pas plus puisque je ne l'ai jamais vraiment vue de mes yeux."
Haruki Murakami, la Fin des Temps, Editions du Seuil, 1992
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 26 mai 2010
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07:00
"Voilà que ce fou de Dieu frappe à ma porte, l'oeil exalté et la queue toute propre, et me demande s'il m'arrive de
penser à Dieu. Moi, je lui dis que j'ai tué Dieu. Que je l'ai traqué comme un chien, que je lui tranché les jambes au taille-haie, que je l'ai violé avec un épi de maïs avant de brûler son
cadavre à l'acide."
Spider Jérusalem dans : le come-back du siècle, Warren Ellis et Darick Robertson, DC comics/Panini comics,
1998
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 19 mai 2010
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07:00
"- Acheter du blé, c'est bien, dit Wilkinson une fois que Julien a terminé son exposé. Gagner du blé, c'est
mieux.
La salle rit, comme toujours lorsque Wilkinson se fend d'une plaisanterie.
- Pas d'inquiétude, conclut-il en levant la réunion. Mais pas d'erreur non plus.
Chacun regagne son poste. Pas d'inquiétude. Les bourses dégringolent. Tokyo, à la clôture, perd 9 %. Wall Street ferme,
de manière temporaire et exceptionnelle, après la chute de près de 12% de ses deux principaux indices dès l'ouverture. Pas d'inquiétude. Sur le parvis de la Défense, des hommes
errent, minuscules entre les tours. Soudain oisifs, les traders sont autorisés à rentrer chez eux."
Tancrède Voituriez, les lois de l'économie, Editions Grasset et Fasquelle, 2010
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 12 mai 2010
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07:00
"Tous les cerveaux humains sont prosaïques (...). Ce sont les terreurs indistinctes, tapies derrière ou au-dessus d'eux
qui sont mystérieuses ou angoissantes. Nos faibles cerveaux... que peuvent-ils savoir de l'existence d'entités vampiriques qui peuvent se dissimuler en des dimensions plus élevées que les nôtres,
ou même au-delà des étoiles ? Je pense qu'il arrive parfois à ces dernières de venir se loger dans nos têtes et que nos cerveaux sentent leur présence et, lorsqu'elles déroulent leurs tentacules
pour nous sonder et nous explorer, nous sombrons dans la folie furieuse."
Frank Belknap Long, Légendes du mythe de Cthulhu, Christian Bourgois éditeur, 1975
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 5 mai 2010
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10:00
"Cthulhu vit toujours, lui aussi, enfermé à nouveau dans le gouffre de pierre qui l'a protégé depuis que le soleil est
jeune. Sa cité maudite s'est enfoncée une fois de plus, car le Vigilant a navigué au-dessus du point où elle était apparue, après la tempête d'avril ; mais ses ministres sur la terre
vocifèrent encore, font des simagrées et sacrifient toujours autour de monolithes coiffés d'idoles, en des lieux solitaires. Il doit avoir été pris au piège au moment où la cité s'engloutissait,
alors qu'il se trouvait dans son noir abîme, sinon le monde serait déjà en train de hurler de frayeur et de frénésie. (...) Ce qui s'est soulevé peut s'enfoncer et ce qui s'est enfoncé peut se
soulever. Cette nature repoussante attend et rêve dans les profondeurs et le délabrement gagne les cités chancelantes des hommes."
Howard Phillips LOVECRAFT, Légendes du mythe de Cthulhu, Christian Bourgois éditeur, 1975
Par Solal Aronowicz
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Mercredi 28 avril 2010
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/2010
10:00
"Toutes mes histoires, écrivait H. P. Lovecraft, même si elles n'ont aucun rapport entre elles, se rattachent à une
tradition, une légende fondamentale selon laquelle ce monde a été peuplé autrefois par les êtres d'une autre race ; adeptes de la magie noire, ils ont perdu leur emprise sur cet univers et en ont
été bannis mais ils continuent à vivre au dehors et sont toujours prêts à reprendre possession de la terre."
Howard Phillips LOVECRAFT, Légendes du mythe de Cthulhu, Christian Bourgois éditeur, 1975
Par Solal Aronowicz
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